Aucun pays ni aucun État étranger ne devrait s’ingérer dans les affaires intérieures d’un État indépendant et souverain. Le peuple arménien se prépare aux élections législatives du 7 juin 2026, un scrutin qui influencera le destin du pays et de toute la région. Il est du droit le plus naturel et le plus fondamental du peuple arménien de choisir librement ses dirigeants et de déterminer l’orientation politique de son pays.
Pourtant, alors que certains Arméniens dénoncent avec vigueur les allégations d’ingérence russe dans ces élections, ils restent silencieux face aux tentatives des pays occidentaux d’influencer les résultats du scrutin du 7 juin et d’orienter l’évolution politique du pays à travers diverses préparations et initiatives. Cette attitude me paraît particulièrement intéressante.
Certains Arméniens estiment que l’ingérence occidentale serait moins nuisible à l’Arménie que l’ingérence russe. Cette idée mérite également d’être remise en question.
Il ne faut pas oublier qu’au cours de l’histoire, aucun pays n’a jamais apporté son soutien ou son aide à un autre État uniquement par bonne volonté, sans poursuivre ses propres intérêts.
Les dirigeants d’un pays, même lorsqu’il est petit ou doté d’une économie modeste, doivent suivre attentivement les évolutions politiques qui l’entourent, rester vigilants face aux menaces extérieures et prendre les mesures préventives nécessaires pour les neutraliser. Ils doivent s’efforcer de renforcer leur pays autant que possible et de développer des relations diversifiées avec les États voisins.
D’une manière générale, les relations extérieures et les approches diplomatiques des dirigeants arméniens sont souvent fondées sur des considérations émotionnelles — sympathie, affection ou hostilité — alors que, dans les relations internationales, ce sont les intérêts nationaux qui prévalent. Dans cette perspective, il est possible d’entretenir des relations même avec un pays que l’on n’apprécie pas particulièrement.
Tout au long de leur histoire, lorsqu’ils ont traversé des périodes difficiles et des situations critiques, les Arméniens ont souvent été convaincus qu’une puissance étrangère viendrait les sauver. Pourtant, au fil de leur histoire tragique et de leur vie politique, aucun pays n’est venu avec pour objectif de leur apporter réconfort et bonheur.
Je pense que, dans les moments difficiles, aucun État ne viendra aider ou soutenir l’Arménie sans y trouver son propre intérêt, et aucun ne mettra en danger ses soldats uniquement pour défendre l’Arménie.
Le célèbre poète Yeghiché Tcharents disait : « Ô peuple arménien, ton unique salut réside dans ta force unie. » Ces paroles portent une signification profonde.
À mon avis, nous devons tirer les leçons de notre passé et, plutôt que de chercher notre avenir exclusivement entre l’Orient et l’Occident, nous devons développer des relations mutuellement bénéfiques avec les différents pays de la communauté internationale.
Pour accomplir cette mission, il faut naturellement un dirigeant compétent ainsi qu’une administration capable de mener à bien cette politique.
Vive l’Arménie libre et indépendante !
Dr Sarkis Adam
