Les débats sur les conséquences économiques pour l’Arménie de la décision du gouvernement géorgien dominent la presse du jour.
L’importation du blé par transport terrestre depuis la Géorgie sera interdite/ Tous les quotidiens reviennent sur la décision du gouvernement de Géorgie selon laquelle à partir du 15 septembre le transport du blé depuis le territoire de la Géorgie par la route sera interdit. Selon le gouvernement géorgien, il s’agit de mesures contre l’amortissement des routes géorgiennes et contre les embouteillages sur le poste-frontière Verin Lars (la seule route terrestre qui relie l’Arménie à la Russie). Ainsi le trajet d’importation du blé russe en Arménie deviendrait multimodal en passant d’abord en navires par le port géorgien de Poti et puis par la route ferroviaire « Caucase du Sud » gérée par la Russie. Les experts avancent que cette décision ne pourrait pas amener à l’augmentation du prix du blé car le transport par les navires coûte moins cher que le transport terrestre. Par contre, étant donné les volumes importants nécessaires pour qu’un navire ou un wagon acceptent de le transporter, les PME important du blé en Arménie pourraient se retrouver hors jeu. En outre, l’Arménie deviendrait dépendante de la Russie pour l’importation de ce produit stratégique. Le quotidien Jamanak indique que les entreprises de transport, très préoccupées par les conséquences de cette décision, se sont adressées au Premier ministre pour la résolution de cette problématique stratégique. Le trihebdomadaire Golos Armenii n’exclut pas que dans un futur proche la décision de la Géorgie puisse s’étendre à d’autres types de produits, ce qui saboterait les relations économiques de l’Arménie avec la Russie et d’autres pays de l’Union économique eurasiatique (UEE). Selon le vice-Ministre des transports de l’Arménie Armen Pamboukhchian, des négociations seraient en cours afin d’obtenir des tarifs réduits pour le transport ferroviaire. Golos Armenii avance que même si la partie arménienne obtient des tarifs préférentiels, la décision du gouvernement géorgien est un défi en termes de diversification des communications pour Arménie qui se trouve de facto en blocus. Selon les sources du quotidien Jamanak, l’homme d’affaire arménien Khachatour Soukiassian (connu sous le nom Grzo, fondateur de « SIL concern ») aurait contribué au lobby de cette décision. D’après Jamanak M. Soukiassian aurait l’intention de prendre le monopole de l’importation du blé des mains du député-oligarque Samvel Alexanian le propriétaire des supermarchés « Yerevan city » et du groupe « Alex Grig » qui aux côtés de l’entreprise « Mana Grey » est l’un des deux grands importateurs de blé. Jamanak avance que M. Soukiassian aurait déjà acquis toutes les infrastructures nécessaires et à partir du mois de Septembre monopoliserait l’importation du blé en Arménie.
Treize forces politiques ont déposé leurs demandes pour la participation aux élections municipales d’Erevan/ Les journaux résument les résultats du dernier jour de dépôt des documents de participation aux élections municipales d’Erevan. Les journaux indiquent que treize forces politiques – neuf partis et quatre alliances – se sont enregistrés auprès du Comité central des élections. La presse est surprise par la décision du parti « Contrat civil » de Nikol Pachinian de participer aux élections en créant l’alliance « Mon pas » avec le parti « Mission » et des individus ayant participé à la révolution. Le quotidien Joghovourd indique que le parti « Mission » fait partie de l’alliance « Tsaroukian » du parlement, mais participe aux élections municipales avec le parti du Premier ministre. Ainsi les partis « Réformistes », « Héritage », « Arménie prospère », « Hayk », « Union libéraliste démocratique de l’Arménie », « Yerkir Tsirani », « Voie démocratique », « Etat de droit », les Dachnak et les alliances « Mon pas », « Luys » (comprenant les partis « Arménie lumineuse » et « République » de l’alliance « Yelk » du parlement), « Publique d’Erevan » et « Erevantsiner » vont concourir le 23 septembre 2018 pour être représentés au Conseil municipal d’Erevan. Tous les journaux constatent qu’il s’agira des premières élections organisées après la révolution et les forces politiques profiteront de ces élections pour « tester le terrain » avant les élections législatives prévues début 2019. Le quotidien Jamanak indique que l’un des partis de l’alliance « Tsaroukian », le parti « Mouvement national pan-arménien » qui avait annoncé sa participation avec la candidature de son président M. Ararat Zurabian n’a finalement pas présenté sa candidature au Comité central des élections. Selon le quotidien, M. Ararat Zurabian aurait conclu que face à la candidature de Mme Naira Zohrabian qui bénéficierait de tous les ressources du parti « Arménie prospère » de l’oligarque Gagik Tsaroukian ses chances seraient moindres. Jamanak rappelle que les républicains ne participeront pas aux élections municipales et demande à qui va servir l’équipe électorale des républicains expérimentée en fraudes. Selon les sources du quotidien, l’un des membres de cette équipe, la personnalité criminelle connue sous le nom Faz, travaillerait cette fois au bénéfice du parti « Arménie prospère ». Le quotidien Hayots Achkhar rend compte des commentaires des Dachnak concernant les articles de presse qui présentaient le « passé criminel » son candidat au poste de Maire d’Erevan M. Michael Manoukian (cf. revue du 29 août 2018). Les Dachnak rappellent que la culpabilité de M. Michael Manoukian n’a pas été prouvée. Ainsi M. Michael Manoukian n’aurait aucun passé criminel. Selon les Dachnak les raisons de la procédure pénale contre M. Michael Manoukian étaient purement politiques.
Rédaction : Lena Gyulkhasyan
Attachée de presse et de communication
Ambassade de France en Arménie

