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Pashinian reste réticent à choisir entre l’UE et le bloc dirigé par la Russie

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©armenews.com

Le Premier ministre Nikol Pashinian a rejeté lundi les appels lancés par la Russie pour que l’Arménie se décide enfin à rester au sein de l’Union économique eurasienne (UEE) ou à poursuivre ses efforts en vue d’adhérer à l’Union européenne.

À la suite de deux sommets européens organisés par le gouvernement arménien début mai, le président russe Vladimir Poutine a déclaré qu’Erevan devrait faire ce choix « dès que possible ». Les dirigeants de la Biélorussie, du Kazakhstan et du Kirghizistan ont soutenu cette position lors d’un sommet de l’UEE à Astana vendredi, boycotté par Pashinian. Dans une déclaration commune avec Poutine, ils ont appelé à la tenue d’un référendum arménien sur la question.

« Tant que l’Arménie n’aura pas officiellement déposé sa candidature à l’adhésion à l’Union européenne ou ne sera pas très proche du statut de candidat à l’adhésion à l’UE, la tenue d’un référendum est illogique », a rétorqué Pashinian.

« Aujourd’hui, ce choix est théorique, et soumettre un choix théorique à un référendum n’est pas tout à fait sensé, correct et fondé », a-t-il déclaré.
L’Arménie, a-t-il déclaré, restera membre du bloc commercial dirigé par la Russie « jusqu’au moment où le choix entre l’Union européenne et l’Union économique eurasienne sera inévitable ». Il a de nouveau refusé de fixer un calendrier.

Le gouvernement de Pashinian a promulgué l’année dernière une loi appelant au « lancement d’un processus d’adhésion de l’Arménie à l’Union européenne ». Ses détracteurs nationaux ont dénoncé cette initiative comme imprudente, affirmant que l’UE n’admettra pas le Caucase du Sud dans un avenir prévisible. Aucun État membre ni aucune institution de l’UE n’a jusqu’à présent exprimé de soutien explicite à une telle perspective.

Dans leur déclaration, Poutine et les autres dirigeants de l’UEE ont implicitement mis en garde contre une éventuelle suspension de l’adhésion de l’Arménie au bloc dirigé par la Russie, vital pour l’économie arménienne. Ils ont déclaré que leurs Premiers ministres présenteraient les « conséquences possibles » d’une telle évolution lors du prochain sommet de l’UEE en décembre.

Pashinian a souligné ces dernières semaines que l’Arménie ne pouvait être exclue de l’UEE sans son consentement. Les groupes d’opposition qui le défient lors des élections législatives du 7 juin affirment que même si Pashinian oppose son veto à cette sortie, la Russie sera toujours en mesure d’imposer des sanctions économiques paralysantes à Erevan. Invoquant des raisons sanitaires, Moscou a déjà interdit ou fortement restreint l’importation de certains produits arméniens au cours des dix derniers jours.

Poutine a mis en garde contre de nouvelles mesures économiques à l’encontre de l’Arménie lorsqu’il s’est adressé aux journalistes à Astana. Et il a de nouveau souligné le fait que le pays dépend fortement de la Russie pour le commerce et l’énergie.

« Tout en se rapprochant de l’Union européenne, ce qui est le droit souverain absolu de l’Arménie, celle-ci ne peut et ne doit pas le faire au détriment des pays de l’UEE », a déclaré pour sa part le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « Elle doit le faire à ses propres frais. »

Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé samedi que l’ambassadeur de Russie à Erevan, Sergueï Kopyrkine, avait été rappelé à Moscou pour des « consultations liées aux mesures prises par les dirigeants arméniens pour se rapprocher de l’Union européenne, mesures qui nuisent à la coopération au sein de l’UEE ».

Malgré ce rappel, Poutine a téléphoné à Pashinian lundi pour le féliciter à l’occasion de son 51e anniversaire. Ils ont également discuté des « résultats » du sommet de l’UEE dans la capitale kazakhe, selon le bref compte rendu de l’appel publié par le Kremlin.

Le bureau de Pashinian a déclaré, pour sa part, que les deux dirigeants avaient abordé « les questions d’actualité figurant à l’ordre du jour bilatéral et multilatéral ». Il a indiqué que Pashinian avait remercié Poutine pour ses « positions équilibrées, son ton amical ainsi que son soutien sur un certain nombre de questions donnant lieu à des malentendus ».

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