Votre publicité ici

(Pendant 7 jours)

Mis à pied pour cause d’arrestation de Tsaroukian, des centaines d’employés des entreprises lui appartenant exigent de pouvoir reprendre le travail

Des centaines d’employés des différentes compagnies appartenant à Gaguik Tsaroukian ont poursuivi leur action lundi 13 juillet pour demander que les autorités arméniennes permettent de reprendre les activités, brutalement arrêtées la semaine dernière dans le cadre de la répression post-électorale exercée sur le magnat et leader de l’opposition, dont l’avait menacé le premier ministre Nikol Pachinian tout au long de sa campagne électorale et au lendemain de sa victoire au scrutin du 7 juin.

Tsaroukian avait été arrêté le 6 juillet, au terme d’une perquisition de 12 heures menée dans sa villa au nord de Erevan. Les autorités chargées d’appliquer la loi avaient aussi mené des perquisitions dans les sièges et bureaux de dizaines de compagnies constituant son consortium Multi Group et y avaient apposé des scellés. Au nombre de ces compagnies, figure la plus grosse cimenterie d’Arménie et l’une des plus importantes distilleries de brandy du pays. Des milliers de leurs employés se voyaient ainsi mis à pied du jour au lendemain, et sans indemnité.

La cimenterie située à Ararat, une localité à 55 kilomètres au sud de Erevan, emploie à elle seule quelque 1 000 salariés. Nombre d’entre eux s’étaient rassemblés sur le site jeudi dernier pour en exiger la réouverture. Si Pachinian avait publiquement menacé de les licencier tous, le gouvernement arménien permettra néanmoins la reprise des opérations.

Mais les autres filiales de Multi Group resteront fermées. Nombre d’employés de deux d’entre elles, la fabrique Ararat Brandy-Wine-Vodka et Multi Stone, encourages par l’issue de l’action menée par leurs collègues de la cimenterie, sont aussi descendus dans la rue lundi pour protester contre la perte de leurs revenus. Un employé de Multi Stone en colère a mis en garde contre une action de blocage d’une route nationale si les autorités persistaient à bloquer la reprise de l’activité dans son entreprise.

Les salariés d’Euromotors, du Multi Wellness fitness et du centre d’entraînement du Comité national Olympique d’Arménie dirigés par Tsaroukian avaient manifesté autour du même mot d’ordre samedi.

“Toute notre activité est perturbée”, a indiqué le directeur de Euromotors, Abraham Danaguzian en ajoutant : “Nous ne pouvons ni prendre de commandes ni vendre ».

A ce jour, les autorités ne se sont expliquées que sur la fermeture forcée de Multi Welness et du site d’Ararat. Le Comité des recettes d’Etat a accusé ces deux compagnies d’évasion fiscale, une accusation démentie avec véhémence par Multi Group.

Il n’y a pas eu non plus d’explication officielle sur quelque lien entre ces fermetures et les accusations distinctes portées contre Tsaroukian, qui les a rejetées comme politiquement motivées. Le magnat est accusé d’avoir escroqué des partenaires en affaires iraniens.

Pachinian s’était engagé à nationaliser la cimenterie lors de sa campagne pour les législatives du 7 juin dont le parti Arménie prospère (BHK) de Tsaroukian était tenu pour l’un de ses principaux adversaires de l’opposition. Depuis, il a fait savoir à plusieurs reprises qu’il emprisonnerait et  “dépouillerait de ses biens” Tsaroukian comme d’ailleurs les leaders des deux autres grands groupes d’opposition. Les représentants du magnat emprisonné ont estimé que les déclarations de Pachinian prouvaient que les autorités en charge de la loi agissaient sur ses ordres illégaux et politiquement motivés.

 

Nos lecteurs ont lu aussi