« L’Arménie tient compte des préoccupations de l’Iran concernant son projet d’ouverture d’un corridor de transit géré par les États-Unis le long de la frontière arméno-iranienne », a déclaré vendredi à Erevan le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
« Nous n’avons aucune inquiétude. Nous faisons confiance à nos frères arméniens », a déclaré Mme Araghchi au service arménien de RFE/RL lors de la COP17, la Conférence sur la biodiversité.
Il n’a pas donné plus de détails sur le projet « Trump Route for International Peace and Prosperity » (TRIPP), qui relierait l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan ainsi qu’à la Turquie en passant par la province arménienne du Syunik. Les responsables iraniens ont déclaré à plusieurs reprises que cet accord de transit ne devait pas compromettre le contrôle arménien de la frontière ni entraîner une présence sécuritaire américaine aux portes de l’Iran.
« Nous sommes préoccupés par toute présence américaine dans la région et dans notre voisinage immédiat », a déclaré M. Araghchi à d’autres journalistes arméniens. « Cependant, nous sommes en contact direct avec nos amis arméniens à ce sujet. Nous leur faisons confiance. Nous savons qu’ils ne font rien qui puisse compromettre la sécurité de l’Iran. »
Cette question figurait en bonne place à l’ordre du jour de la visite du 5 octobre du ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, à Téhéran, au cours de laquelle il a rencontré M. Araghchi, ainsi que le président iranien Masoud Pezeshkian et le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf. M. Mirzoyan a déclaré par la suite que Téhéran était « satisfait » des assurances données par Erevan concernant le TRIPP.
« La partie iranienne a certes des questions », a-t-il déclaré vendredi. « Des réponses ont été apportées à ces questions, et j’ai l’impression que la partie iranienne est satisfaite de la façon dont les choses évoluent. »
« Par exemple, la partie iranienne demande : “Y aura-t-il une présence militaire américaine le long du TRIPP ?” … Et nous répondons : “Il n’y en aura pas” », a ajouté M. Mirzoyan.
L’ambassadeur iranien en Arménie, Khalil Shirgholami, avait auparavant appelé à la mise en place d’un « mécanisme » destiné à gérer les « risques potentiels liés à la présence américaine et les menaces pesant sur l’Iran » découlant du TRIPP. M. Shirgholami a déclaré que la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique mettait en évidence ces risques perçus.M. Pezeshkian est également arrivé à Erevan pour participer à la COP17. Il a rencontré le Premier ministre Nikol Pashinian en marge du forum des Nations unies. Il s’agissait de leur troisième rencontre en face à face en moins d’un mois.
Le communiqué officiel de Téhéran concernant leurs dernières discussions n’a pas fait mention du projet TRIPP. Il a rapporté les propos de M. Pezeshkian, selon lesquels les deux États voisins devraient élaborer un « cadre global de coopération à long terme » et « traduire les accords et initiatives existants en résultats concrets ».
« Le président iranien a déclaré que le resserrement des relations entre Téhéran et Erevan contribuerait à renforcer la stabilité et la sécurité dans toute la région », ajoute le communiqué.
Le service de presse de Pashinian a quant à lui indiqué que les deux dirigeants avaient discuté des moyens de « faire avancer les programmes communs ». Il n’a pas donné plus de détails sur ces programmes.
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