Les verdicts des procès intentés contre les dirigeants militaro-politiques du Haut-Karabakh (République de l’Artsakh) viennent d’être publiés par le tribunal de Bakou.
Le procès se tient devant le tribunal des crimes de guerre de Bakou, sous la présidence du juge Zeynal Aghayev.
L’ancien président du Karabakh, Arayik Harutyunyan, a été condamné à la prison à vie.
Les autres présidents Bako Sahakyan et Arkady Ghoukasyan furent quant à eux condamnés à 20 ans d’emprisonnement.
Rappelons que le faux procès concernant les dirigeants militaro-politiques du Haut-Karabakh a débuté le 17 janvier 2025 et, le 26 décembre, les juges se sont retirés pour délibérer afin de rédiger les verdicts.
Sur la base de 2 548 épisodes de preuves fausses et manifestement fabriquées, 15 personnes au total sont inculpées comme accusés : les anciens présidents du Haut-Karabakh Arkady Ghoukasyan, Arayik Harutyunyan et Bako Sahakyan, l’ancien président de l’Assemblée nationale du Haut-Karabakh Davit Ishkhanyan, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Haut-Karabakh Davit Babayan, ancien commandant de l’Assemblée nationale du Haut-Karabakh. Le chef de l’Armée de défense du Haut-Karabakh Levon Mnatsakanyan, l’ancien commandant adjoint de l’Armée de défense Davit Manukyan, ainsi que des civils : Garik Martirosyan, Melikset Pashayan, Davit Alaverdyan, Gurgen Stepanyan, Levon Balayan, Madat Babayan, Vasily Beglaryan et Erik Ghazaryan.
Ils sont, comme chacun sait, accusés de crimes contre la paix et l’humanité, de crimes de guerre, notamment de préparation et de conduite d’une guerre d’agression, de génocide, de violations des lois et coutumes de la guerre, ainsi que de terrorisme, de financement du terrorisme, de prise de pouvoir par la force, de son maintien par la force et de nombreux autres crimes commis par l’Arménie contre l’Azerbaïdjan.
Mardi 4 janvier l’Assemblée Nationale français a voté à l’unanimité une résolution demandant la libération de tous les prisonniers arméniens en Azerbaïdjan. Une demande approuvée par le ministre des Affaires étrangère, M. Jean-Louis Barrot, lors de son intervention dans l’hémicycle.
Krikor Amirzayan
Pour information, nous publions ci-dessous extraits de la dépêche AFP, rédigée comme d’habitude depuis son bureau de Bakou, et donc orientée, sur cette condamnation.
Azerbaïdjan: de lourdes peines de prison pour des dirigeants séparatistes
du Karabakh
Bakou, 5 fév 2026 (AFP) – Un tribunal militaire de Bakou a condamné jeudi à des peines allant de vingt ans d’emprisonnement à la réclusion à perpétuité plusieurs dirigeants séparatistes arméniens du Karabakh, ont rapporté les médias azerbaïdjanais.
Araïk Haroutiounian, qui a dirigé le gouvernement séparatiste du Karabakh de mai 2020 à septembre 2023, « a été condamné à la prison à perpétuité par le tribunal militaire de Bakou », a indiqué l’agence de presse étatique Azertag.
Il a été reconnu coupable « d’avoir mené une guerre d’agression, de génocide, de terrorisme et d’autres infractions » liées au contrôle du Karabakh par l’Arménie pendant des décennies, selon la même source. (…)
Deux autres figures séparatistes, Arkadi Ghoukassian et Bako Sahakian – ayant respectivement exercé les fonctions de président séparatiste du Karabakh de 1997 à 2007 et de 2007 à 2020 – ont été « condamnés à 20 ans de prison, une peine de réclusion à perpétuité ne pouvant être prononcée car ils avaient atteint l’âge de 65 ans ».
L’ex-président du parlement du Karabakh Davit Ichkhanian, l’ex-ministre des Affaires étrangères du Karabakh Davit Babaïan et le général des forces armées arméniennes Davit Manoukian ont eux été condamnés à la perpétuité pour des chefs d’accusation identiques.
Deux procès, l’un visant 15 anciens responsables, l’autre visant Rouben Vardanian, un autre dirigeant séparatiste ayant dirigé la région entre novembre 2022 et février 2023, – se sont ouverts à Bakou en janvier 2025.
Les audiences se sont en grande partie tenues à huis clos.
Le ministère arménien des Affaires étrangères a indiqué qu’il engagerait « toutes les démarches possibles », y compris des actions auprès de la justice internationale, pour protéger les droits des personnes jugées à Bakou.
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