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Le casino de Tsarukian menacé à nouveau de fermeture

À la suite des promesses du Premier ministre Nikol Pashinian de « déposséder » ses principaux adversaires politiques, le gouvernement arménien a révoqué lundi la licence d’exploitation d’une société gérant le plus grand casino du pays, propriété de l’homme d’affaires et chef de file de l’opposition Gagik Tsarukian.
Le ministre de l’Économie, Gevorg Papoyan, a signé un arrêté en ce sens, invoquant les recommandations du Comité des recettes de l’État (SRC) présentées le 8 juin, au lendemain des élections législatives au cours desquelles le Parti de l’Arménie prospère (BHK) de Tsarukian figurait parmi les principaux candidats de l’opposition. Le SRC a accusé la société Onira Club d’irrégularités financières.
M. Tsarukian n’a pas réagi immédiatement à cette décision, qui intervient alors que des contrôles fiscaux sont en cours dans des dizaines d’entreprises lui appartenant. Le dirigeant du BHK a été inculpé d’évasion fiscale le 9 juin, au moment même où son parti accusait la Commission électorale centrale (CEC) de l’avoir illégalement exclu du nouveau parlement arménien.
Selon les résultats officiels des élections, il ne manquait au BHK que quelques dizaines de voix pour franchir le seuil légal de 4 % permettant d’obtenir des sièges au Parlement. Le parti de Tsarukian a perdu plus de 200 voix à la suite de la décision très controversée de la CEC d’annuler les résultats du scrutin dans trois circonscriptions sans y organiser de nouveau scrutin.
Pashinian s’est engagé à plusieurs reprises à emprisonner et à « déposséder » Tsarukian ainsi que les dirigeants de deux autres groupes d’opposition majeurs. Pendant la campagne électorale, il a annoncé la nationalisation imminente de la plus grande cimenterie d’Arménie, appartenant à Tsarukian. Il a ensuite promis de « rendre au peuple » les biens du magnat, notamment une villa située au sommet d’une colline juste à la périphérie d’Erevan, s’il était réélu.
La semaine dernière, la municipalité d’Erevan a décidé de résilier unilatéralement un bail à long terme portant sur un terrain du centre-ville occupé par le centre de remise en forme Multi Wellness de Tsarukian. Une porte-parole du magnat a déclaré que cette décision « illégale » ferait l’objet d’un recours devant les tribunaux.
M. Tsarukian avait déjà fait l’objet d’une répression similaire de la part du gouvernement après avoir exigé pour la première fois la démission de M. Pashinian il y a six ans. L’Onira Club s’était vu retirer sa licence peu avant que M. Tsarukian ne soit inculpé d’achat de voix et arrêté en septembre 2020. L’entreprise a récupéré sa licence et rouvert le casino Shangri La, situé juste au nord d’Erevan, un an plus tard, à la suite de la décision de M. Tsarukian de suspendre ses activités politiques.
M. Tsarukian a été acquitté des accusations d’achat de voix en mars de cette année, à l’issue d’un long procès. M. Pashinian a condamné à plusieurs reprises cette décision de justice ces dernières semaines, affirmant que le président du tribunal avait été soudoyé par le dirigeant du BHK. Ce dernier a insisté, pendant la campagne électorale, sur le fait qu’il ne se laissait pas intimider par les promesses de M. Pashinian de saisir ses actifs commerciaux et ses biens immobiliers.
Les détracteurs affirment que les déclarations de Pashinian prouvent que les forces de l’ordre agissent illégalement sur ses ordres. Des centaines de membres et de partisans de l’opposition ont été placés en détention pour achat de voix à l’approche des élections. Les arrestations se sont poursuivies le jour du scrutin et les jours suivants.

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