Sur la photo issue d’un manuel de lecture de 4e année en langue azerbaïdjanaise, on voit une jeune fille frapper à la hache un soldat arménien.
Le 17 juin, la fondation d’analyse et de recherche « Geghard » a condamné fermement la propagande anti-arménienne menée contre l’Arménie par des responsables de l’État azerbaïdjanais, des députés et des « spécialistes » azerbaïdjanais, propagande enveloppée dans des manifestations de racisme. Elle appelle également à boycotter et à ignorer, sur toutes les plateformes possibles, les manifestations de la propagande azerbaïdjanaise.
Bakou tente une nouvelle fois, au niveau de l’État, d’induire en erreur l’opinion internationale en affirmant que le système éducatif arménien contient un discours de haine et une propagande anti-azerbaïdjanaise.
La dernière initiative en date a eu lieu à Bakou, où a été présentée, en azerbaïdjanais et en anglais, une étude intitulée « Le discours de haine et la falsification des faits historiques dans les écoles secondaires arméniennes ». Le responsable du projet est le vice-président du Centre des communications stratégiques, Ali Abdoullaïev, qui a déclaré que leur prétendue « étude » reposait sur des documents retrouvés dans des établissements scolaires du Karabakh.
Abdoullaïev, qui affirme avoir découvert des « falsifications historiques arméniennes », s’est dit « surpris » de voir que, sur des cartes arméniennes, le Nakhitchevan est présenté comme un territoire historiquement arménien. Selon lui, l’analyse de plus de 1 000 documents aurait permis de « découvrir » près de 3 000 cas de falsification.
Le célèbre falsificateur A. Abdoullaïev formule des accusations infondées contre les Arméniens et l’Arménie, « oubliant » que, depuis l’époque soviétique, Bakou mène une politique systématique d’effacement des traces spirituelles, culturelles et historiques arméniennes au Nakhitchevan. La destruction du cimetière arménien de Djoulfa et de ses khatchkars, ainsi que des centaines d’autres cas largement dénoncés, en constituent une preuve éclatante.
Selon Abdoullaïev, les manuels scolaires et la littérature idéologique étudiés ont été publiés à Erevan par des organismes publics et contiendraient un « discours de haine dirigé non seulement contre les Azerbaïdjanais, mais aussi contre les minorités vivant en Azerbaïdjan ».
Le chef du département « Histoire de l’Azerbaïdjan occidental » de l’Institut d’histoire et d’ethnographie de l’Académie nationale des sciences d’Azerbaïdjan, Djabi Bahramov, a pour sa part affirmé que « la partie arménienne a falsifié l’histoire de l’Azerbaïdjan aussi bien durant la période soviétique qu’après l’effondrement de l’URSS ».
Il est ironique d’entendre parler de falsification de l’histoire de la part du responsable du département « Histoire de l’Azerbaïdjan occidental », alors que l’« Azerbaïdjan occidental » est lui-même une falsification et une invention politisée.
Le député du Parlement azerbaïdjanais Rizvan Nabiyev a également porté des accusations contre l’Arménie : « En Arménie, les ressources administratives de l’État ont été utilisées, à différentes étapes et sous différentes formes, pour renforcer la haine envers l’Azerbaïdjan. »
Selon l’une de ses affirmations déconnectées de la réalité, les habitants de l’Arménie seraient entraînés dès leur enfance dans des « guerres idéologiques ».
Nabiyev décrit en réalité ce qui se passe non pas en Arménie, mais en Azerbaïdjan.
En Azerbaïdjan, la haine envers les Arméniens de souche est inculquée dès la maternelle et l’école. De nombreuses vidéos circulent sur Internet montrant des événements à caractère anti-arménien organisés dans des écoles et des jardins d’enfants azerbaïdjanais. De telles images avaient également été publiées par le journaliste azerbaïdjanais Javid Ahmedov.
« Regardez cette folie dans une école azerbaïdjanaise. Voilà comment on lave le cerveau des adolescents. L’école est devenue un lieu de propagande et non d’éducation. Les élèves jouent une scène dans laquelle ils capturent un Arménien et le forcent à dire : “Le Karabakh est l’Azerbaïdjan.” Quelle honte… », avait-il déclaré.
Des contenus anti-arméniens figurent dans les manuels scolaires de presque toutes les matières enseignées dans les écoles azerbaïdjanaises. Les informations concernant l’Arménie et les Arméniens y sont déformées. La fondation « Geghard » s’était déjà penchée en détail sur la propagande anti-arménienne présente dans les manuels scolaires azerbaïdjanais. L’Arménie a présenté ces éléments de preuve de manière documentée devant la Cour internationale de Justice des Nations unies dans le cadre de sa plainte contre l’Azerbaïdjan.
« Le gouvernement azerbaïdjanais cultive depuis des décennies une haine raciale envers les Arméniens de souche. Les enfants azerbaïdjanais apprennent, à travers leurs manuels scolaires, à haïr et à tuer les Arméniens. Les médias d’État diffusent des discours de haine. Les responsables gouvernementaux appellent à l’élimination totale des Arméniens », a déclaré le 16 avril 2024 devant la Cour internationale de Justice de l’ONU, lors des audiences consacrées aux affaires « Arménie contre Azerbaïdjan » et « Azerbaïdjan contre Arménie », le représentant de l’Arménie pour les affaires juridiques internationales, Yeghishe Kirakossian.
L’Arménie avait déposé sa plainte contre Bakou en septembre 2021 pour violation de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.
De telles initiatives poursuivent un objectif politique : façonner auprès de la communauté internationale une image déformée de l’Arménie.
Ce qui s’est produit démontre une fois de plus que Bakou poursuit son activité anti-arménienne sur différents fronts, tandis que les accusations de « discours de haine » et de « falsification de l’histoire » dans les écoles arméniennes font partie de cette propagande anti-arménienne et visent à contrecarrer les arguments avancés par l’Arménie.
