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IODA : La démocratie en Arménie — 22–28 juin 2026

La semaine du 22 au 28 juin a été marquée par la poursuite des tensions politiques et institutionnelles en Arménie, alors que le pays entrait dans la troisième semaine suivant les élections législatives du 7 juin. L’évolution la plus importante a été l’examen, par la Cour constitutionnelle, des recours déposés par sept partis politiques contestant les résultats officiels des élections législatives.

Aperçu

La semaine du 22 au 28 juin a été marquée par la poursuite des tensions politiques et institutionnelles en Arménie, alors que le pays entrait dans la troisième semaine suivant les élections législatives du 7 juin. L’évolution la plus importante a été l’examen, par la Cour constitutionnelle, des recours déposés par sept partis politiques contestant les résultats officiels des élections législatives. Les audiences ont débuté le 26 juin et, au moment de la publication, elles en étaient à leur quatrième journée consécutive. La Cour devrait rendre sa décision le 4 juillet.

Parallèlement à cette procédure, le débat public s’est concentré sur l’indépendance de la justice, la gouvernance constitutionnelle, les libertés civiles, les relations entre l’Église et l’État, le droit à la vie privée ainsi que, plus largement, sur le fonctionnement des institutions démocratiques.

Dans le même temps, le contexte postélectoral a continué d’évoluer avec l’ouverture de nouvelles procédures pénales visant des personnalités de l’opposition, des propositions gouvernementales visant à modifier la législation électorale — notamment l’introduction d’une condition de résidence de six mois pour pouvoir voter aux élections législatives —, la controverse entourant un projet de système d’enregistrement des numéros IMEI des téléphones mobiles, la poursuite des tensions entre le gouvernement et l’Église apostolique arménienne, ainsi que des inquiétudes concernant une polarisation croissante du discours politique.

La Cour constitutionnelle examine les recours électoraux

L’un des développements institutionnels les plus importants de la semaine a été l’examen, par la Cour constitutionnelle, des recours déposés par sept partis et alliances politiques contestant les résultats officiels des élections législatives du 7 juin.

Les audiences ont porté sur le déroulement du scrutin, la manière dont la Commission électorale centrale a traité les contestations électorales, la répartition des mandats parlementaires ainsi que les voies de recours prévues par le Code électoral arménien. Ces audiences constituent la dernière étape judiciaire du processus électoral et devraient avoir des conséquences importantes tant pour l’évaluation juridique des élections que pour la confiance du public envers les institutions démocratiques arméniennes.

Couverture connexe

•⁠ ⁠Audiences de la Cour constitutionnelle sur les recours électoraux.
•⁠ ⁠Arguments juridiques présentés par les partis politiques.
•⁠ ⁠Analyse du rôle de la Cour dans le processus postélectoral.

Évolutions politiques et judiciaires après les élections

Les développements politiques et judiciaires découlant des élections législatives du 7 juin ont continué de dominer l’agenda intérieur de l’Arménie tout au long de la semaine.

Les procédures pénales visant plusieurs figures importantes de l’opposition ont continué d’avancer. Les informations publiées durant la semaine ont porté sur de nouveaux développements concernant les affaires impliquant l’ancien président Robert Kotcharian, Gagik Tsarukyan, Ishkhan Saghatelyan, Avetik Chalabyan, Vardan Ghukasyan et Karen Simonyan, illustrant les conséquences judiciaires persistantes de la période postélectorale. Les représentants de l’opposition ont affirmé que ces enquêtes témoignaient d’une application sélective de la loi, tandis que les autorités soutenaient qu’elles concernaient des infractions pénales présumées.

La période postélectorale a également été marquée par une controverse croissante autour des mesures prises par l’État à l’encontre d’entreprises liées à d’importantes figures de l’opposition. Les informations publiées cette semaine ont notamment concerné les mesures visant un casino appartenant à Gagik Tsarukyan ainsi que les efforts continus du gouvernement pour nationaliser les Réseaux électriques d’Arménie, propriété de la famille de Samvel Karapetyan. Ces développements ont alimenté un débat plus large sur les relations entre l’application de la loi, l’action des autorités de régulation et la concurrence politique dans le contexte postélectoral.

Les tensions politiques se sont également étendues au niveau local. Une séance du Conseil des anciens d’Erevan a dégénéré en altercation physique après que des membres du parti au pouvoir Contrat civil et du bloc d’opposition Mayr Hayastan se sont mutuellement accusés de fraude électorale lors des élections législatives de juin. Cet incident illustre à quel point les différends liés aux élections continuent d’affecter les institutions politiques arméniennes au-delà du niveau national.

Initiatives de réforme électorale

La semaine a également été marquée par un regain de débat autour des modifications proposées au cadre électoral arménien. Le gouvernement a présenté plusieurs initiatives législatives visant à modifier le serment prêté par les députés de l’Assemblée nationale et à imposer aux citoyens arméniens une résidence d’au moins six mois dans le pays avant de pouvoir voter aux élections législatives.

Cette proposition de condition de résidence a suscité des discussions sur les droits électoraux des citoyens arméniens vivant à l’étranger ainsi que sur ses conséquences potentielles pour la participation électorale.

Par ailleurs, la proposition de modification du serment parlementaire a donné lieu à un débat sur sa portée juridique et politique. Si les autorités ont présenté cette initiative comme une simple modification législative, et non comme une révision constitutionnelle, ses détracteurs ont estimé qu’elle soulevait des questions plus larges concernant les traditions constitutionnelles de l’Arménie, la gouvernance démocratique ainsi que l’opportunité de réformes électorales immédiatement après les élections législatives.

Le parti au pouvoir Contrat civil propose notamment de remplacer les références aux « objectifs panarméniens » et au « renforcement et à la prospérité de la patrie » par une formulation mettant l’accent sur la pérennité, l’indépendance, la souveraineté et le renforcement de la République d’Arménie. Le texte remplacerait également l’engagement à préserver les « valeurs nationales et universelles » par un engagement en faveur de la sécurité et du bien-être des citoyens de la République d’Arménie ainsi que de la protection des droits et libertés fondamentaux.

Le projet gouvernemental sur les IMEI relance le débat sur la vie privée

Le respect de la vie privée et les droits individuels sont devenus un sujet majeur de débat public à la suite de la reprise des discussions autour du projet gouvernemental de système d’enregistrement des numéros IMEI des téléphones mobiles.

Des experts et des commentateurs ont examiné l’équilibre entre la lutte contre les importations illégales et la protection de la vie privée des citoyens. L’économiste et consultant en management Tigran Jrbashyan a estimé que la question essentielle ne résidait pas dans la technologie elle-même, mais dans la qualité de la régulation publique. Tout en reconnaissant l’intérêt légitime de l’État à lutter contre la contrebande et les appareils contrefaits, il s’est interrogé sur le point de savoir si le modèle proposé offrait des garanties suffisantes pour protéger la vie privée et éviter une surveillance excessive de la part des autorités.

D’autres analyses ont également porté sur des questions plus générales relatives aux libertés civiles et aux pouvoirs de l’État.

Relations entre l’Église et l’État

Les relations entre le gouvernement et l’Église apostolique arménienne sont demeurées un sujet majeur du débat politique.

L’un des principaux développements judiciaires de la semaine a concerné l’archevêque Mikael Ajapahyan, primat du diocèse de Shirak. La Cour d’appel pénale a annulé sa condamnation pour avoir publiquement appelé à l’usurpation du pouvoir et a ordonné un nouveau procès après avoir estimé que l’affaire avait été examinée par une juridiction incompétente. La Cour a également levé son assignation à résidence et rejeté le recours du procureur général qui demandait une peine d’emprisonnement plus lourde. Le parquet a annoncé qu’il formerait un pourvoi devant la Cour de cassation, tandis qu’Ajapahyan, qui affirme que les poursuites sont politiquement motivées, a déclaré qu’il continuerait à critiquer les autorités.

La semaine a également été marquée par une controverse concernant la mobilisation de plus d’une douzaine de prêtres arméniens servant dans le diocèse russe de l’Église, appelés à effectuer vingt-cinq jours de service militaire alors qu’ils se trouvaient en Arménie. Selon les représentants de l’Église, cette mobilisation inattendue a perturbé les activités paroissiales à l’étranger, tandis que certains médias ont établi un lien entre cette mesure et des accusations selon lesquelles les convocations de réservistes auraient été utilisées contre des personnes supposées avoir soutenu l’opposition lors des élections législatives du 7 juin. Les autorités n’ont pas publiquement présenté ces convocations sous cet angle.

Polarisation politique et qualité du débat démocratique

La polarisation politique est restée une caractéristique majeure du contexte postélectoral arménien. Une étude publiée par le Centre régional pour la démocratie et la sécurité a documenté l’utilisation de discours de haine visant les Arméniens déplacés du Haut-Karabakh durant la campagne électorale, suscitant des inquiétudes quant à la qualité du débat démocratique et au traitement réservé aux populations vulnérables.

Cette étude a également alimenté un débat plus large sur la qualité du discours démocratique pendant la campagne électorale, les responsabilités des acteurs politiques ainsi que l’impact des discours incendiaires sur la cohésion sociale et la participation démocratique.

Les informations publiées tout au long de la semaine ont également mis en évidence la poursuite d’une rhétorique conflictuelle entre les acteurs politiques, illustrant la manière dont les élections de juin continuent de façonner le climat politique arménien bien au-delà du processus électoral lui-même.

Perspectives

L’attention se porte désormais sur la décision attendue de la Cour constitutionnelle le 4 juillet, qui mettra un terme au contrôle juridictionnel des élections législatives du 7 juin. Quelle que soit l’issue de cette décision, les développements qui ont marqué cette semaine — procédures judiciaires postélectorales, projets de réforme électorale, législation relative à la protection de la vie privée, relations entre l’Église et l’État, ainsi que polarisation politique — devraient continuer à influencer le paysage démocratique et politique de l’Arménie dans les semaines à venir.

Pour aller plus loin

Les développements résumés dans cette revue sont documentés plus en détail dans le cadre du suivi permanent assuré par l’Observatoire international pour la démocratie en Arménie (IODA) concernant la gouvernance démocratique, les élections, l’État de droit, les libertés civiles et les institutions politiques. Les lecteurs peuvent consulter les articles d’actualité, les traductions, les analyses ainsi que les autres documents de référence disponibles sur la page Relevant Links du site de l’IODA.

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