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Depuis un an, aucune organisation internationale n’a rendu visite aux prisonniers arméniens : Erevan fait-il suffisamment d’efforts ?

Depuis un an, aucun représentant d’une organisation internationale n’a rencontré les prisonniers arméniens détenus dans les prisons azerbaïdjanaises. Les seules informations disponibles à leur sujet proviennent de sources azerbaïdjanaises. Et l’on ignore si le gouvernement arménien déploie suffisamment d’efforts pour obtenir qu’une visite consulaire puisse avoir lieu, par l’intermédiaire d’un représentant d’un pays tiers qui se rendrait auprès des détenus à Bakou.
C’est ce qu’a souligné Siranouch Sahakian, représentante des prisonniers arméniens devant les juridictions internationales, lors d’une conférence consacrée à leur situation et aux démarches entreprises pour obtenir leur libération.
« Nous constatons que la République d’Arménie confirme avoir sollicité des États tiers, mais dément que ceux-ci aient donné leur accord. On a l’impression que nous déplaçons la responsabilité de l’Azerbaïdjan vers celle des pays tiers, et que nous voudrions nous résigner à cette douloureuse réalité : il ne se serait trouvé, sur toute la planète, aucun pays doté d’un visage humain et entretenant avec la République d’Arménie des relations suffisamment étroites pour accepter d’accomplir, au nom de l’Arménie, cette importante mission humanitaire consistant à rendre visite à ses citoyens », a déclaré Sahakian.
Interrogé aujourd’hui par les journalistes, le ministre des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan a affirmé que la partie arménienne avait sollicité des pays tiers, sans obtenir de réponse favorable. Il n’a toutefois pas précisé de quels pays il s’agissait.
Mais à quels États Erevan s’est-il adressé ? demande Siranouch Sahakian. À un seul pays ou à plusieurs simultanément ? Aucun détail n’a été rendu public. Et quel serait donc ce pays qui éprouverait des difficultés à répondre favorablement à une demande d’assistance humanitaire de l’Arménie, ou qui l’aurait refusée ?
Dans ces conditions, des doutes surgissent inévitablement quant à l’efficacité des démarches entreprises.
Siranouch Sahakian rappelle notamment que, grâce aux efforts d’organisations de la société civile, la Suisse avait confirmé l’année dernière sa disponibilité pour accomplir cette mission. L’Arménie a-t-elle sollicité la Suisse ? s’interroge la représentante des prisonniers arméniens.
Que changeront les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme si elles sont favorables aux Arméniens ?
Siranouch Sahakian a déposé des requêtes devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) concernant l’ensemble des Arméniens détenus en Azerbaïdjan.
Mais que changeront les décisions de cette juridiction internationale si elles sont favorables aux Arméniens ? L’Azerbaïdjan les appliquera-t-il, alors qu’il figure parmi les États qui se distinguent par leur non-exécution des arrêts de la CEDH ?
L’ancien représentant de l’Arménie pour les affaires juridiques internationales, Yéghiché Kirakossian, estime que, indépendamment de cette situation, les décisions rendues par les juridictions internationales conservent une importante fonction dissuasive.
« Au cours de mes fonctions, j’ai très souvent été confronté à cette question : ces décisions ont-elles réellement une importance si l’Azerbaïdjan n’y réagit pas ? Je pense qu’elles sont importantes, et qu’il serait quelque peu naïf d’attendre une réaction immédiate et un changement radical de comportement. Je suis convaincu que, même en l’absence d’un changement brusque d’attitude, ces décisions judiciaires produisent des effets bien réels », a déclaré Kirakossian.
Selon l’ancien représentant de l’Arménie devant la Cour européenne des droits de l’homme, Erevan doit poursuivre ses démarches et faire en sorte que les mécanismes de contrôle et les moyens de pression dont disposent les instances internationales soient effectivement mis en œuvre.
La question du retour des prisonniers arméniens n’a pas été intégrée dans l’accord de paix paraphé entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Le Premier ministre Nikol Pachinian assure néanmoins que ce dossier figure en permanence à l’ordre du jour de son gouvernement.
Selon les données officielles, 19 Arméniens sont actuellement détenus dans les prisons azerbaïdjanaises. Ils ont été condamnés à des peines allant de quinze années de réclusion à la prison à perpétuité.
Plusieurs anciens responsables de l’Artsakh, notamment Ruben Vardanyan, Davit Babayan, Davit Ichkhanian et Davit Manoukian, ont fait parvenir des messages depuis leur détention, dans lesquels ils dénoncent les accusations fabriquées de toutes pièces à leur encontre ainsi que les violations flagrantes de leurs droits.

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