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Grande conspiration contre le peuple arménien
« L’Union européenne se prépare à soutenir l’Arménie afin de faire face aux menaces hybrides possibles à l’approche des élections législatives de 2026, ainsi qu’à renforcer la cybersécurité », a déclaré la commissaire européenne chargée de la politique d’élargissement, Marta Kos, lors d’une rencontre à Bruxelles avec un groupe de journalistes arméniens.
Elle a souligné que l’UE est prête à allouer 12 millions d’euros pour aider l’Arménie à mener une lutte efficace contre les attaques hybrides avant les élections. Kos a rappelé l’exemple de la Moldavie où, selon elle, la Russie a tenté d’intervenir dans les élections législatives en diffusant activement de la désinformation et en menant des cyberattaques.
Ainsi, avant les élections législatives, l’UE exprime son soutien au gouvernement arménien. Cela contredit en soi toutes les normes politiques et le principe universel de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays, qui avait pourtant longtemps constitué l’un des piliers du système de valeurs européen.
Mais aujourd’hui, l’UE, sans formalisme, non seulement exprime un soutien politique direct au gouvernement arménien, mais lui accorde également, quelques mois avant les élections, une véritable indulgence pour lutter contre tous les opposants par tous les moyens possibles, sous le beau titre de « lutte contre la guerre hybride ».
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Le problème n’est pas du tout ces 12 millions d’euros.
C’est une somme ridiculement symbolique. La référence à la Moldavie dans les propos de la commissaire signifie que les autorités arméniennes reçoivent le feu vert pour faire avant les élections exactement ce que les autorités moldaves ont fait récemment : se maintenir au pouvoir à tout prix.
En bref, le gouvernement pro-européen moldave a qualifié tous ses opposants d’« agents de la Russie », de « cinquième colonne », en emprisonnant la plupart d’entre eux, en interdisant l’activité des principaux partis et en réprimant les médias non gouvernementaux.
C’est exactement ce qui se passe en Arménie ces derniers mois, mais pas encore au niveau institutionnel. La déclaration de Kos est un signal – une instruction – adressée aux autorités arméniennes : il est temps d’institutionnaliser les répressions.
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Elle a précisé que ce soutien permettra de renforcer les capacités des institutions compétentes arméniennes pour prévoir et contrer les menaces hybrides… La commissaire européenne souligne également l’importance d’une implication active du gouvernement arménien dans la lutte contre les menaces hybrides, rappelant qu’il est impossible d’obtenir des résultats sans cela. Elle accorde aussi une importance particulière à l’existence d’institutions capables d’opposer une réponse adéquate aux menaces hybrides», lit-on dans le communiqué relatant le point de presse de la commissaire, transmis par l’agence publique arménienne Armenpress.
Ainsi, dans les prochains temps, il faut s’attendre à une nouvelle vague, plus institutionnalisée, de répressions contre les forces politiques d’opposition et les médias, déjà entamée, pouvant aller jusqu’à la suspension de l’activité de partis, la fermeture de médias, et l’arrestation d’opposants politiques.
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Mais l’Union européenne, qui a déjà attribué à l’Arménie le statut de « bastion de la démocratie », donne son approbation à tout cela à l’avance, garantissant dès le départ qu’elle fermera les yeux sur les violations flagrantes des droits humains et des libertés, et qu’elle félicitera même le gouvernement arménien pour « sa contribution à la lutte contre la guerre hybride menée par la Russie ».
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Post-scriptum
La Moldavie et l’Arménie, malgré certaines similitudes contextuelles, présentent une différence essentielle. L’antirussisme des autorités arméniennes et de Nikol Pachinian, qui leur vaut le soutien de l’Europe, est pour l’instant essentiellement rhétorique.
Au niveau politique le plus élevé, il bénéficie presque du même traitement de la part de la Russie, qui se limite à des piques émises par des experts, mais le considère officiellement comme l’un des siens.
Il est très avantageux pour la Russie qu’un Pachinian qualifié de « démocrate » par l’Occident se comporte en réalité comme un autocrate ordinaire dans la vie intérieure, occupant ainsi une place de choix dans l’espace eurasiatique que l’Occident qualifie de « club des dictateurs ».
Nous sommes en réalité face à un phénomène bien connu en politique étrangère, celui du « chien-de-deux-maîtres ». Avec cette différence qu’en Arménie, ce qualificatif peut s’appliquer presque également aux deux pôles géopolitiques opposés.
Une très grande conspiration se prépare contre l’Arménie et le peuple arménien, dans laquelle — conformément aux règles du genre — les pôles opposés se battent l’un contre l’autre au niveau de la propagande.
Et au final, grâce à la reconduction du gouvernement arménien, chacun recevra sa part — au détriment de l’État arménien et du peuple arménien.
Haroutioun Avetissian