L’affaire a fait grand bruit dans le monde arménien. Ainsi azatutyun.am est revenu hier sur l’exclusion d’un certain nombre de personnalités de la communauté à l’inauguration de l’ambassade d’Arménie. Le site a titré son article : Erevan exclut les dirigeants franco-arméniens d’une cérémonie à Paris et l’a illustré avec une photo d’Emmanuel Macron accompagné d’Ara Toranian et de Mourad Papazian. Un article largement repris par les médias d’Arménie et de diaspora. Nous le reproduisons in extenso.
Deux mois après avoir condamné la répression menée par le Premier ministre Nikol Pachinian contre l’Église apostolique arménienne, les principaux dirigeants de l’influente communauté arménienne de France ont été exclus de l’inauguration officielle du nouveau bâtiment de l’ambassade d’Arménie à Paris.
La cérémonie s’est déroulée mardi en présence du ministre des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan, de son homologue français Jean-Noël Barrot et d’autres dignitaires. Les deux coprésidents du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) n’en faisaient pas partie. Le primat du diocèse de l’Église arménienne en France, l’évêque Grigor Khachatrian, n’a pas non plus été invité à la cérémonie.
Selon le site d’information franco-arménien armenews.com, l’ambassadeur d’Arménie en France, Arman Khachatrian, a refusé de commenter cette absence de considération critiquée par le CCAF.
« Une ambassade représente l’État arménien et, au-delà, l’ensemble du peuple arménien dans toute sa diversité », peut-on lire dans un communiqué publié par le Bureau national de la structure faîtière réunissant les principales organisations franco-arméniennes. « C’est la maison commune de toute une nation, le lieu où l’Arménie se représente dans sa plénitude, sa diversité et sa dignité, au-delà des désaccords du moment et des calculs partisans. »
« En choisissant de refuser l’accès à des représentants reconnus de la diaspora arménienne en France, le gouvernement arménien donne l’impression de s’écarter de cet objectif unificateur », ajoute le communiqué.
Le CCAF figurait parmi les organisations de la diaspora arménienne et les personnalités éminentes qui ont déploré les poursuites pénales engagées contre le catholicos Karekin II en février, dans le cadre des efforts controversés de Pachinian pour destituer le chef suprême de l’Église. Il a également exprimé son « soutien total et indéfectible » à Karekin et exigé la fin immédiate des « répressions » du gouvernement arménien contre l’Église.
Le CCAF est l’un des organismes de la diaspora les plus influents au monde. Ses dîners annuels ont réuni des hauts responsables français et les dirigeants de pratiquement tous les grands partis français.
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu et le président du Sénat Gérard Larcher ont pris la parole lors de la dernière de ces réunions, qui s’est tenue en janvier. Par ailleurs, les coprésidents de la CCAF, Ara Toranian et Mourad Papazian, ont accompagné le président français Emmanuel Macron lors de cérémonies officielles à Paris marquant les commémorations du génocide arménien de 1915 en Turquie ottomane.
Critique virulent de Pachinian, Papazian dirige également la section française du parti panarménien Dashnaktsutyun. Il s’est vu refuser l’entrée en Arménie en 2022, ce qui a suscité la controverse. Le gouvernement arménien a levé cette interdiction deux ans plus tard, suite à l’intervention présumée de Macron.
Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 20
