La dernière séance de la 8ᵉ législature de l’Assemblée nationale d’Arménie a été marquée avant tout par les adieux du président du Parlement, Alen Simonyan. Le principal responsable quittant ses fonctions s’est adressé une dernière fois à ses collègues de la majorité depuis la tribune. Les députés de l’opposition étaient, une nouvelle fois, absents.
« Si, au cours de mon mandat, j’ai été injuste envers quelqu’un, je lui demande de me pardonner. Vous savez que je vous aime tous et que chacun d’entre vous compte énormément pour moi », a déclaré Alen Simonyan.
Avant que celui-ci ne prenne la parole, son successeur désigné, Ruben Rubinyan, a salué un bilan qu’il a qualifié de « brillant ».
« Au cours de ces dernières années, l’Arménie a traversé de nombreuses épreuves et difficultés. Mais, sous la direction du Premier ministre et, au Parlement, sous celle de M. Simonyan, nous avons accompli notre promesse la plus importante : parvenir à la paix. Je tiens à remercier M. Simonyan d’avoir dirigé notre équipe politique », a-t-il déclaré.
Les députés de Contrat civique ont applaudi debout. Une seule exception : le député Hayk Sargsyan, qui est resté assis. Les relations entre Alen Simonyan et Hayk Sargsyan sont notoirement tendues, et les deux hommes ne s’en cachent pas.
Selon la presse, seuls cinq membres sur les vingt que compte le conseil d’administration de Contrat civique auraient soutenu la candidature de Simonyan. Pourtant, lors de cette dernière séance, les raisons de son remplacement n’ont jamais été évoquées. Les interventions ont été exclusivement élogieuses.
Le président du groupe parlementaire de la majorité, Hayk Konjoryan, a notamment déclaré :
« Pour ma dernière intervention depuis cette tribune, je souhaite remercier une nouvelle fois le président de l’Assemblée nationale, M. Simonyan, pour le travail très important et déterminant qu’il a accompli. Je tiens également à souligner que le candidat que nous avions proposé s’est révélé être un excellent choix. »

Un avenir politique encore incertain
L’avenir politique d’Alen Simonyan demeure toutefois incertain. La veille, le président de Contrat civique, Nikol Pachinian, avait lui-même reconnu qu’aucune décision n’avait encore été prise à son sujet.
« Je n’avais pas prévu à l’avance que M. Simonyan ne serait plus président de l’Assemblée nationale ni même député. C’est une situation nouvelle. Nous en discuterons et nous verrons », a déclaré le Premier ministre.
Si l’ambiance était chaleureuse dans l’hémicycle, les coulisses semblent en revanche plus agitées. Selon la presse arménienne, plusieurs collaborateurs d’Alen Simonyan prépareraient déjà leur départ, préférant quitter leurs fonctions avant d’être éventuellement remplacés par la future équipe du nouveau président.
Interrogé sur d’éventuels changements au sein de l’administration parlementaire, Ruben Rubinyan est resté prudent :
« Je me prononcerai sur ces décisions lorsque le moment sera venu. Je ne pense pas qu’il soit opportun d’en parler aujourd’hui. Pour l’instant, le conseil d’administration de Contrat civique a proposé ma candidature. Il y a encore un président en exercice et une administration en place. »
Rubinyan quittera les négociations avec la Turquie
Ruben Rubinyan a également confirmé que, s’il est élu président de l’Assemblée nationale, il abandonnera son rôle de représentant spécial de l’Arménie dans les négociations avec la Turquie.
Il a dénoncé les spéculations selon lesquelles sa nomination constituerait un geste adressé à Ankara :
« J’ai vu certains journalistes et rédacteurs en chef raconter des absurdités, affirmant que puisque Ruben Rubinyan est le négociateur avec la Turquie, sa désignation comme candidat à la présidence du Parlement serait un geste envers la Turquie. Je tiens à préciser que, puisque j’ai été désigné candidat à la présidence de l’Assemblée nationale, il est évident que, si je suis élu, je ne continuerai pas à être le représentant spécial de l’Arménie dans les négociations avec la Turquie. »
Le représentant spécial de l’Arménie pour les discussions avec Ankara a enfin indiqué avoir reçu des messages de félicitations non seulement de son homologue turc, Serdar Kılıç, mais également d’autres interlocuteurs étrangers, notamment de son homologue russe.
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