Selon la Banque centrale du pays, les banques arméniennes ont restructuré plus de 30 milliards de drams (81,5 millions de dollars) de prêts accordés à des agriculteurs et à des entreprises touchés par les récentes interdictions russes sur les importations agricoles en provenance d’Arménie.
Moscou a imposé ces interdictions fin mai et début juin, faisant pression sur Erevan pour qu’il choisisse rapidement entre poursuivre sa candidature à l’Union européenne et rester au sein d’un bloc commercial dirigé par la Russie. La Russie est depuis longtemps le principal marché d’exportation des fruits, légumes, eaux minérales, fleurs, poissons et boissons alcoolisées arméniens.
Les serres et les piscicultures arméniennes, qui emploient des milliers de personnes, sont particulièrement dépendantes du marché russe. Le gouvernement arménien s’est empressé de venir en aide à leurs propriétaires ainsi qu’aux autres entités touchées en subventionnant leurs exportations vers d’autres pays. Cette mesure semble avoir eu un impact limité jusqu’à présent, comme en témoigne la baisse de 20 % en glissement annuel des exportations totales de l’Arménie enregistrée en juin.
Le gouvernement a également encouragé les banques à reporter les remboursements des prêts agricoles en raison des sanctions.
« Nous disposons de statistiques récentes montrant que plus de 30 milliards de drams de prêts ont déjà été restructurés », a déclaré Hovannes Khachatrian, vice-gouverneur de la Banque centrale, lors d’une conférence de presse. « Dans le pire des cas, le portefeuille nécessitant une restructuration pourrait être multiplié par plusieurs », a-t-il ajouté.
M. Khachatrian a estimé le portefeuille global de crédits agricoles des banques arméniennes à environ 400 milliards de drams (1,1 milliard de dollars). Selon Daniel Azatian, président de l’Union arménienne des banques, ce portefeuille a connu une hausse record de 23 % au cours du premier semestre de cette année. La majeure partie des nouveaux prêts agricoles a très probablement été accordée avant les sanctions russes.
Le Premier ministre Nikol Pachinian et d’autres responsables ont minimisé leur impact sur l’économie arménienne. En revanche, la Banque mondiale a exprimé le mois dernier ses inquiétudes quant aux conséquences possibles de l’embargo, affirmant qu’elles « pourraient déborder du domaine commercial et affecter la croissance, les prix et les conditions sociales ». MM. Khachatrian et Azatian ont tous deux insisté sur le fait qu’elles ne constituaient pas une menace sérieuse pour le secteur bancaire arménien.
« Notre système bancaire est si bien capitalisé et dispose d’une telle liquidité que nous pouvons résister à tous les risques », a assuré M. Azatian aux journalistes.
Moscou a menacé de prendre d’autres mesures punitives à l’encontre d’Erevan, telles qu’une forte hausse du prix du gaz naturel russe fourni à l’Arménie, des restrictions concernant les touristes russes se rendant dans le pays et des exigences plus strictes pour les centaines de milliers de travailleurs migrants arméniens en Russie.
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