Le Premier ministre s’est engagé mercredi 17 juin à « écraser » les dirigeants des trois principaux groupes d’opposition qui ont remporté au moins 37 % des voix lors des élections législatives du 7 juin.
Dans ce que ses détracteurs ont qualifié de menaces de mort, Nikol Pashinian avait déjà promis, pendant la campagne électorale, de « liquider » l’ancien président Robert Kotcharian et les hommes d’affaires Samvel Karapetian et Gagik Tsarukian. Il s’en est à nouveau pris à eux lors de la dernière séance du Parlement sortant, boycottée par les députés de l’opposition.
« Tant que je serai Premier ministre, je les écraserai de manière ciblée, je les écraserai de manière ciblée, a-t-il déclaré. J’appelle les citoyens qui ne sont pas d’accord avec cette ligne à mener une révolution en Arménie et à changer de gouvernement… Il n’y a pas d’autre moyen d’arrêter ce processus. »
Pachinian a réitéré ses menaces d’emprisonner Kotcharian, Karapetian et Tsarukian après que leurs groupes d’opposition ont rejeté, les qualifiant de frauduleux, les résultats officiels des élections qui leur attribuaient la victoire. Le parquet a inculpé Tsarukian pour évasion fiscale avant de demander à la Commission électorale centrale (CEC) l’autorisation d’inculper également Kotcharian.
La commission, présidée par un collaborateur de longue date de Pachinian, a donné son feu vert mercredi en fin de journée à de nouvelles poursuites pénales contre l’ancien président âgé de 71 ans. Les chefs d’accusation n’ont toujours pas été rendus publics par le bureau du procureur général. Selon l’un des avocats de Kotcharian, Aram Orbelian, elles découlent d’une transaction immobilière approuvée par le gouvernement en 2004, pendant sa présidence.
« M. Robert Kotcharian n’a aucun lien avec cette transaction, et les membres de sa famille n’en ont pas non plus », a-t-il déclaré aux journalistes.
Orbelian a établi un lien entre cette affaire pénale et les « processus politiques » en cours dans le pays. Il a également souligné que le délai de prescription était dépassé depuis longtemps.
Cela pourrait expliquer pourquoi les procureurs n’ont pas demandé à la CEC l’autorisation d’arrêter Kotcharian. Ils avaient en revanche sollicité une telle autorisation à l’encontre de quatre autres candidats de l’opposition.
L’un d’entre eux, Davit Ghazinian, est un membre éminent de l’alliance « Arménie forte » de Karapetian. La CEC a autorisé mercredi l’arrestation de Davit Ghazinian pour achat de voix, accusation qu’il nie catégoriquement.
Les résultats officiels des élections, que les trois forces d’opposition vont contester devant la Cour constitutionnelle, ont donné le parti « Contrat civil » de Pachinian vainqueur avec 49,8 % des voix. « Arménie forte » arrive en deuxième position avec 23,3 %, suivie du parti « Hayastan » de Kotcharian qui a obtenu près de 10 %.
De son côté, le Parti de l’Arménie prospère (BHK) de Tsarukian n’a pas tout à fait atteint le seuil légal de 4 % requis pour entrer au nouveau parlement arménien, après que la CEC a annulé les résultats dans trois circonscriptions et refusé d’y organiser de nouveaux scrutins. Le BHK, tout comme « Arménie forte » et le bloc « Hayastan », ont présenté cette décision controversée comme une preuve supplémentaire que le scrutin avait été truqué en faveur du parti au pouvoir.
Pachinian rejette les allégations de l’opposition et accuse celle-ci d’avoir récolté des centaines de milliers de voix grâce à des pots-de-vin.
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