Les parents et proches de personnes portées disparues ont créé l’Association panarménienne des proches de personnes disparues.
Parmi les fondateurs de cette nouvelle association figurent Asia Danielian, dont le fils a disparu pendant la guerre de 44 jours, et Gor Mouradian, qui recherche son neveu depuis six ans. Ils espèrent qu’en se regroupant au sein de cette association, ils pourront mener leur combat plus efficacement, disposer d’une plus grande marge de manœuvre pour agir de manière indépendante et saisir les instances internationales.
L’Association panarménienne des parents et proches de personnes disparues s’occupera des cas de disparitions survenues au cours de toutes les guerres, depuis la première guerre d’Artsakh jusqu’à la plus récente. Aram Chanakhchian, qui attend le retour de son père depuis les années 1990, figure également parmi ses fondateurs.
Depuis la guerre de 44 jours, la partie arménienne fait état d’environ 200 personnes portées disparues, auxquelles s’ajoutent 900 disparus de la première guerre. Bakou évoque de son côté près de 4 000 disparus qui, selon les autorités azerbaïdjanaises, auraient disparu pendant la première guerre du Karabakh.
« Ce ne sont pas simplement des chiffres. Ce sont des personnes, des familles qui attendent depuis des années », souligne Asia Danielian.
La nouvelle organisation entend également s’occuper des difficultés sociales rencontrées par ces familles. Certaines ont perdu la personne qui assurait leurs revenus, vivent dans des conditions difficiles et ne bénéficient d’aucune aide. La situation est particulièrement grave pour les habitants de l’Artsakh qui ont tout perdu, explique Inna Abrahamian, qui représente au sein de l’association les personnes originaires d’Artsakh à la recherche de leurs proches et de leurs fils.
Inna Abrahamian recherche elle-même son fils, aujourd’hui âgé de 26 ans. Il se trouvait dans la file d’attente d’une station-service à Stepanakert et a disparu après l’explosion :
« Nous avons tous fourni notre ADN et nous n’avons aucune nouvelle. La zone a été inspectée par nos secouristes, par les soldats russes chargés du maintien de la paix et par les secouristes azerbaïdjanais. Ils ont travaillé, ils ont retrouvé ce qu’ils ont pu retrouver, mais pour 22 personnes, absolument rien n’a été retrouvé, pas même un objet leur appartenant. Cela nous donne l’espoir qu’elles sont vivantes et qu’elles sont simplement en captivité. »
Armine Arakelian recherche son fils depuis six ans, Edgar Arakelian, qui effectuait son service militaire. Quelques jours après le début de la guerre de 44 jours, Edgar avait été envoyé de Vayk à Jabrayil. Depuis, sa mère n’a reçu aucune nouvelle.
« Nous ne vivons plus », dit-elle.
Depuis six ans, avec d’autres proches de disparus, elle frappe aux portes des administrations publiques et se bat pour que des démarches soient entreprises et que des informations leur soient communiquées sur leurs enfants et leurs proches disparus. Mais aucune information précise ne leur a été fournie.
Depuis trois ans, les enfants de Lusine Emirian vivent eux aussi dans l’angoisse de l’incertitude. Ils ont été déplacés de force de l’Artsakh vers l’Arménie sans leur père. Le jour de l’attaque azerbaïdjanaise, celui-ci se trouvait sur les positions militaires et, depuis ce jour, ils n’ont aucune nouvelle certaine de lui.
Son oncle est lui aussi porté disparu. Il était parti chercher du pain pour les habitants d’Artsakh réfugiés dans les abris et n’est jamais revenu.
« Ce que nous voulons enfin, c’est obtenir une réponse à la question qui nous préoccupe le plus, à la question la plus importante : où sont nos enfants ? »
Ces personnes, qui souffrent depuis des années de cette incertitude, espèrent qu’en unissant leurs forces au sein de cette nouvelle organisation, elles pourront enfin obtenir des résultats.
Leur dernière manifestation devant le siège du gouvernement remonte au 20 juillet. Elles avaient alors décidé de se rendre jusqu’à la frontière arméno-azerbaïdjanaise afin de s’adresser directement aux Azerbaïdjanais.
Elles ont ensuite rencontré le directeur du Service de sécurité nationale, qui les a exhortées à attendre les résultats des négociations entre les deux parties.
La dernière rencontre entre les représentants des commissions arménienne et azerbaïdjanaise chargées de la question des personnes disparues remonte à juin de l’année dernière.
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