S’exprimant lors des célébrations de la fête de la Dormition de la Vierge Marie, Tasoulas a souligné la persévérance historique de la communauté grecque pontique et sa capacité à préserver son identité et ses traditions malgré les persécutions et les violences de masse subies par ses ancêtres.
« Malgré le génocide brutal, les Grecs pontiques ont réussi à renaître à chaque génération et à vivre aussi longtemps que Panagia Soumela existera », a déclaré Tasoulas, soulignant l’importance symbolique du monastère ainsi que la présence continue de la communauté pontique en Grèce et dans le monde.
Depuis ce sanctuaire historique du Vermio, le président est allé plus loin en appelant à une reconnaissance internationale du génocide et en exhortant spécifiquement la Turquie elle-même à reconnaître les événements historiques.
Cet appel intervient dans un lieu particulièrement symbolique. Panagia Soumela, dans le Vermio, est devenue l’un des principaux centres spirituels et culturels de la communauté grecque pontique après l’arrivée en Grèce de réfugiés originaires du Pont, à la suite des événements qui ont détruit une grande partie de la présence grecque, vieille de plusieurs siècles, dans cette région.
Pendant des générations, les Grecs pontiques ont préservé leurs traditions, leur langue, leur musique, leur patrimoine culturel et leur identité religieuse, faisant de Panagia Soumela un puissant symbole de survie et de mémoire.
L’intervention de Tasoulas a également placé la question de la mémoire historique au cœur du débat public entourant le 15 août. Son message ne visait pas seulement à préserver la mémoire des victimes, mais aussi à obtenir la reconnaissance de ce que la Grèce qualifie de génocide des Grecs pontiques, ainsi que des persécutions plus larges dont ont été victimes les populations chrétiennes au cours des dernières années de l’Empire ottoman et durant la création de la Turquie moderne.
La déclaration du président grec s’inscrit dans une tendance plus large : cette année, plusieurs dirigeants politiques grecs ont profité des célébrations du 15 août pour aborder des questions liées aux relations entre la Grèce et la Turquie. De la mer Égée au nord de la Grèce, les messages de hauts responsables grecs ont particulièrement insisté sur la mémoire historique, le droit international, la souveraineté nationale et la position de la Grèce dans la région.
Pour la communauté grecque pontique, cet appel à la reconnaissance revêt une importance profonde. Le génocide demeure l’une des tragédies majeures de l’histoire de l’hellénisme pontique, tandis que sa reconnaissance est considérée par de nombreux descendants de survivants comme un élément essentiel de la justice historique.
La question reste profondément controversée entre la Grèce et la Turquie. La Grèce reconnaît officiellement le génocide des Grecs pontiques, tandis que l’État turc rejette la qualification de ces événements comme un génocide.
Depuis Panagia Soumela, Tasoulas a ainsi délivré un message mêlant mémoire, identité et diplomatie : la survie même de l’hellénisme pontique constitue une réponse à la destruction subie par les générations précédentes, et la reconnaissance du passé demeure, selon la Grèce, un élément essentiel pour affronter l’histoire.
Alors que des milliers de personnes se rassemblaient pour célébrer la Dormition de la Vierge Marie, le monastère historique du mont Vermio est une nouvelle fois devenu bien plus qu’un lieu de pèlerinage religieux. Il s’est imposé comme le symbole vivant d’une communauté qui a survécu au déplacement et aux persécutions et qui a transmis son héritage dans une nouvelle patrie.
L’appel de Tasoulas à la Turquie était clair : la reconnaissance du génocide des Grecs pontiques ne devrait pas rester uniquement une revendication de la Grèce et des descendants des victimes, mais devrait, à terme, faire partie de la reconnaissance historique de cette tragédie elle-même.
