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La tradition de la nuit du henné est l’un des plus anciens héritages de la culture arménienne

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©armenews.com

Son histoire remonte à l’époque préchrétienne. Selon les sources historiques, cette tradition culturelle, connue sous le nom de « Hënaguicher » (la nuit du henné), était pratiquée lors des cérémonies de mariage dans une vaste aire géographique, comprenant l’Anatolie, la Cilicie, la Méditerranée orientale, la diaspora arménienne ainsi que certaines régions de l’Arménie.

La nuit du henné se déroulait généralement dans la maison de la mariée. L’épouse du parrain de mariage ou celle du prêtre (l’érétsguine) préparait le henné, puis l’appliquait sur la main de la jeune mariée en y plaçant une pièce d’or. Cette première application de henné, accompagnée de la pièce d’or, symbolisait la fécondité, la bénédiction et la prospérité.

Au cours de la cérémonie, des chants traditionnels étaient interprétés, des réjouissances étaient organisées au son de la musique et les proches se réunissaient pour célébrer l’événement. Le henné était apporté dans un plateau décoré de fleurs et de bougies, à l’intérieur duquel était déposé une pomme rouge, symbole d’abondance, de fertilité et d’une descendance nombreuse.

La tête et le visage de la mariée étaient recouverts d’un voile léger. Le henné était ensuite appliqué sur sa main par la marraine de mariage, l’épouse du prêtre ou une femme expérimentée.

Dans la société arménienne, le henné était également utilisé à des fins médicinales et dans la vie quotidienne. Par exemple, il était appliqué sur le front pour soulager les migraines, en raison de son effet rafraîchissant. Il servait aussi à teindre les œufs avant la fête de Pâques.

La tradition de la nuit du henné, héritée des anciennes cultures anatolienne et arménienne, a été profondément transformée par la vie urbaine moderne. Aujourd’hui, elle est souvent remplacée par des formes de célébration plus contemporaines.

Autrefois, les Arméniens avaient également pour coutume de préparer le lit nuptial. Le dernier jeudi précédant le mariage, sous la supervision de l’épouse du parrain de mariage, le lit des futurs époux était préparé. On y répandait du sucre, du riz et des pièces de monnaie, symboles d’abondance et de prospérité. Un petit garçon était ensuite roulé sur le lit, dans l’espoir que le premier enfant du couple soit un garçon.

Aujourd’hui, les cérémonies traditionnelles du mariage arménien, notamment le Saint Couronnement (Sourp Psak) et le rite du Narot (couronne nuptiale), sont célébrées à l’église sous la direction d’un prêtre, selon les rites de l’Église apostolique arménienne.

Dr Sarkis Adam

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