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La colère de Bakou qui donne des leçons de défense de l’identité corse à l’Assemblée de Corse…

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©armenews.com

DÉCLARATION DU GROUPE D’INITIATIVE DE BAKOU

Le Groupe d’Initiative de Bakou condamne fermement la motion adoptée par l’Assemblée de Corse concernant la soi-disant « République d’Artsakh » et les citoyens arméniens poursuivis pénalement en République d’Azerbaïdjan.

Il s’agit d’une initiative unilatérale, provocatrice et politiquement motivée. Cette démarche, qui est contraire aux principes fondamentaux de souveraineté, d’intégrité territoriale et de non-ingérence dans les affaires intérieures, reprend les narratifs géopolitiques promus par les autorités officielles de Paris.

Le comportement des personnes ayant soutenu cette initiative ne peut être considéré comme l’expression indépendante de la volonté politique du peuple Corse. En choisissant d’agir comme des relais de l’agenda de la politique étrangère de l’État français, elles se sont transformées, plutôt que de défendre les intérêts nationaux, la langue, la culture et l’identité de la Corse, en instruments politiques de Paris – de fait, en marionnettes.

L’hypocrisie de cette position est particulièrement frappante. Les mêmes cercles politiques qui parlent avec insistance, à des milliers de kilomètres, du droit à l’autodétermination, refusent de garantir, en Corse même, les droits linguistiques et politiques les plus élémentaires du peuple Corse.

Conformément à l’article 2 de la Constitution française, le français est la seule langue officielle de la République. Les juridictions françaises ont annulé les dispositions prévoyant la reconnaissance du Corse et du français comme langues utilisées dans les débats de l’Assemblée de Corse, ainsi que comme langues de travail du Conseil exécutif de Corse. En juin 2025, le Conseil d’État français a refusé d’admettre le pourvoi formé par les autorités corses contre ces décisions.

En outre, bien que la France ait signé en 1999 la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, elle ne l’a toujours pas ratifiée à ce jour. Le Conseil de l’Europe reconnaît clairement la langue Corse comme l’une des langues régionales historiques couvertes par cette Charte.

Avant d’adopter des initiatives concernant le Caucase du Sud, ces personnes devraient répondre à plusieurs questions :

Pourquoi continuent-elles de se soumettre à un État qui refuse d’accorder à la langue Corse un statut institutionnel égal ?

Pourquoi ne font-elles pas preuve de la même fermeté face à la politique centralisatrice et délibérée d’assimilation menée par les autorités officielles de Paris ?

Pourquoi, alors qu’ils recourent à l’étranger à une rhétorique de décolonisation, ferment-elles les yeux sur les conséquences persistantes de la domination française sur l’identité, l’éducation, la langue et la prise de décision politique de la Corse ?

Le Groupe d’Initiative de Bakou établit une distinction claire entre le peuple Corse et les personnes qui servent les intérêts du gouvernement français, choisissant l’obéissance politique à Paris au lieu de défendre les intérêts nationaux de la Corse.

Le peuple Corse mérite des représentants qui protègent la langue corse, préservent la culture Corse et défendent de manière constante le droit du peuple à déterminer son propre avenir politique ; non des représentants transformés en instruments de la politique étrangère française.

Le Groupe d’Initiative de Bakou appelle l’Assemblée de Corse à concentrer en priorité son attention sur les droits non résolus du peuple Corse.

L’Assemblée devrait exiger de la France :

  • la pleine reconnaissance institutionnelle de la langue Corse ;
  • la garantie de son usage libre dans l’éducation, l’administration et la vie publique ;
  • la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ;
  • la protection de l’identité nationale et de la culture du peuple Corse ;
  • un véritable respect de la volonté politique du peuple Corse et de son droit à l’autodétermination.

Le Groupe d’Initiative de Bakou appelle l’Assemblée de Corse à préserver son indépendance politique et institutionnelle et à ne pas permettre qu’elle soit transformée en un instrument servant l’agenda politique de l’État français. En tant qu’organe représentatif du peuple Corse, l’Assemblée doit défendre les droits linguistiques, culturels et politiques du peuple Corse et ne pas permettre qu’elle soit utilisée pour légitimer des politiques qui affaiblissent l’identité et les aspirations de la Corse.

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