Le protocole de Paix de l’Arménie avec l’Azerbaïdjan, n’est-il pas un énième plan turco-azéri de destruction de l’Arménie sur la carte du monde et de créer ainsi un espace géographique continu de l’aire des pays turciques, s’étendant de la rive européenne de la Turquie, jusqu’aux confins de l’Altaï et de la Chine ?
Car plus de dix mois après les accords du 8 août dernier à Washington portant sur la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, accords signés entre Trump, Pachinian et Aliev, la signature des l’acte établissant la paix, tarde à se manifester.
La dernière étape étant le dictat d’Aliev de voir la Constitution de l’Arménie modifiée et purgé des passages liés à la revendication de l’Artsakh, dans la déclaration d’Indépendance de l’Arménie.
Or, avec un peu moins de 50 % lors des dernières législatives en Arménie, le parti « Contrat Civil » de Nikol Pachinian ne dispose pas des deux-tiers des voix au Parlement, nécessaire au changement de la Constitution arménienne.
Par quel subterfuge ou par quelle action, le parti du Premier ministre arménien Nikol Pachinian, arrivera à contourner la Loi, afin de changer la Constitution de l’Arménie et donner ainsi satisfaction au despote de Bakou ?
Car Aliev reste ferme sur cette demande…qui n’est sans doute pas la dernière pour mettre l’Arménie à genoux, avant le coup de grâce final du yatagan…
Aliev, tout en évoquant la paix, insuffle le chaud et le froid. A savoir, la relance de l’idéologie fabriquée de toute pièce de « l’Azerbaïdjan occidental » pour évoquer et revendiquer le territoire de la République d’Arménie. Aliev qui relance l’idée du retour en Arménie des quelque 300 000 Azerbaïdjanais ayant fui l’Arménie soviétique, dès 1988, avec les premières tensions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Parallèlement, Bakou garde le silence sur l’occupation de l’Artsakh depuis 2023 et le retour sur leur territoire d’origine des quelque 150 000 Arméniens ayant quitté l’Artsakh suite à l’épuration ethnique pratiquée par les autorités de l’Azerbaïdjan avec la complicité de la Russie et de la communauté internationale silencieuse.
Nikol Pachinian qui a sacrifié l’Artsakh sur l’autel de la Paix, semble aujourd’hui piégé par Aliev et ses revendications répétées tant sur « l’Azerbaïdjan occidental » (Arménie). Aliev qui -malgré les protestations de Pachinian- continue de nommer « Corridor de Zankezour » la « Voie Trump » (TRIPP) afin de marquer encore davantage ses revendications territoriales sur l’Arménie.
Nikol Pachinian, l’homme qui désire réellement faire la paix avec l’Azerbaïdjan, n’est-il pas victime de sa naïveté ? Celle d’avoir cru à Aliev, formé à l’école des ruses turques pratiquées depuis la fondation de l’Empire ottoman jusqu’à la Turquie « moderne ».
Les prochains mois révèleront ces ruses ou la sincérité d’Aliev. Mais dans tous les cas, Nikol Pachinian ne contrôle plus le déroulement de ces initiatives sur le chemin sinueux de la paix. Car le Premier ministre arménien est désormais condamné à dire « oui » et obéir à tous les dictats d’Aliev qui brandit la menace de guerre à tout instant.
Krikor Amirzayan
