La Cour européenne des droits de l’homme a condamné jeudi l’Azerbaïdjan pour torture à l’encontre d’un soldat arménien du territoire du Haut-Karabakh, mutilé de son vivant avant d’être tué, lors d’affrontements en 2016.
La plainte a été déposée par les parents et la soeur de ce soldat, un commandant de l’armée de la « République du Haut-Karabakh » (« RHK »), non reconnue, précise la CEDH.
Selon l’enquête menée par les autorités de la « RHK » et un rapport médicolégal établi par un expert arménien, la victime « avait été grièvement blessée après que son camion militaire eut été pris en embuscade et avait eu les mains puis la tête tranchées alors qu’il était encore en vie », indique-t-elle.
La Cour précise avoir reçu 21 plaintes présentant des allégations similaires et qui sont actuellement en cours d’examen.
A l’issue de ces affrontements de quatre jours en avril 2016, des corps avaient été rendus pour certains « mutilés, sans les têtes, les mains et les lobes auriculaires ».
Depuis la chute de l’URSS, l’Azerbaïdjan et l’Arménie se sont affrontés à deux reprises pour le contrôle du Haut-Karabakh, revendiqué comme berceau de leur civilisation, avant que Bakou ne reprenne le contrôle de la région séparatiste en 2023, déclenchant l’exode de 100.000 Arméniens qui y vivaient.
Dans sa plainte, la famille de la victime a mis en avant que ce soldat « était déjà sans défense et hors de combat lorsqu’il a été capturé par les forces azerbaïdjanaises et que sa mutilation et son décès ultérieurs étaient injustifiés et illégaux ».
Les plaignants déplorent aussi ne pas avoir été en mesure « de récupérer les parties de son corps manquantes et de procéder à une inhumation convenable », et d’avoir subi « de ce fait une détresse et une angoisse morales extrêmes ».
La CEDH a conclu à la violation de l’article 2 (droit à la vie) de la convention européenne des droits de l’homme, ainsi que de l’article 3
interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants).
Elle a condamné Bakou à verser 60.000 euros conjointement aux parents, et 30.000 à la soeur, au titre du préjudice moral.
Strasbourg, 18 juin 2026 (AFP) –
