Des avions de chasse F-16 turcs stationnés sur la base aérienne d’Ämari, en Estonie, ont participé le 14 août à une opération de l’OTAN déclenchée après l’incursion d’un drone russe dans l’espace aérien letton, a annoncé le Commandement aérien de l’Alliance atlantique.
Deux Eurofighter italiens, basés à Šiauliai en Lituanie, et deux F-16 turcs déployés à Ämari ont décollé en urgence après la détection d’un drone non identifié au-dessus de la Lettonie. Une fois l’appareil formellement identifié, l’un des chasseurs italiens a abattu le drone au-dessus d’une zone inhabitée.
L’opération a été coordonnée par le Centre d’opérations aériennes combinées (CAOC) de l’OTAN à Uedem et par le Commandement aérien allié installé sur la base de Ramstein, en Allemagne.
Selon l’OTAN, le passage de la traditionnelle mission de police du ciel à une véritable mission de défense aérienne permet désormais à l’Alliance de répondre de manière plus souple à un éventail élargi de menaces, grâce à un dispositif de défense à plusieurs niveaux.
La présence de chasseurs turcs dans le nord de l’Europe s’inscrit dans le prolongement des décisions prises lors du sommet de l’OTAN organisé en juillet à Ankara. Les Alliés avaient alors décidé de transformer, à compter du 1er août, la mission de police aérienne menée depuis plus de vingt ans dans les pays baltes en une mission de défense aérienne à part entière.
Dans ce cadre, cinq F-16 de l’armée de l’air turque, accompagnés de leurs équipes au sol, ont été déployés le 1er août sur la base d’Ämari, où ils ont relevé les forces portugaises. Leur mission doit se poursuivre jusqu’au 30 novembre.
Les incursions de drones et les alertes aériennes se sont multipliées ces derniers mois dans les pays baltes et sur le flanc oriental de l’OTAN, contribuant à accélérer le renforcement militaire de la région. En 2026, les dépenses de défense des États baltes devraient ainsi approcher 5 % de leur PIB.
