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Congrès national arménien : « Nous proposons de renoncer à la logique de politique des blocs »

Critiquant vivement la politique étrangère menée par les autorités arméniennes, le Congrès national arménien (HAK), dirigé par le premier président de la République, affirme que le Premier ministre Pachinian abandonne la doctrine de coopération et de relations dans toutes les directions qui avait été celle de l’Arménie depuis la proclamation de son indépendance en 1991.

« Cela comporte en réalité des risques de conséquences très graves, notamment celui de faire de l’Arménie le théâtre d’une guerre par procuration », a déclaré aujourd’hui Levon Zurabyan, vice-président du HAK, à l’issue d’une réunion du Conseil républicain du parti.

Cette formation extraparlementaire, dirigée par Levon Ter-Petrossian, sous la présidence duquel la partie arménienne avait remporté la première guerre du Karabakh, affirme que l’État est aujourd’hui confronté à de sérieux défis.

« Dans la déclaration que nous avons adoptée à l’issue de la réunion du Conseil, nous avons évoqué cette demande d’adhésion à l’Union européenne, qui n’a, au fond, fait l’objet d’aucune préparation, puisque les autorités n’ont présenté aucun calcul ni aucune justification concernant la sécurité alimentaire, militaire ou énergétique. D’autant plus que l’Union européenne ne dispose d’aucun programme d’élargissement vers le Caucase du Sud. Par conséquent, cette décision prise sur la base de la pétition de 60 000 citoyens [NDLR : il fait référence à la loi adoptée l’an dernier à la suite d’une initiative citoyenne visant à lancer le processus d’adhésion à l’UE] n’a produit jusqu’à présent aucun autre résultat notable que l’affaiblissement de nos relations économiques et de nos positions au sein de l’Union économique eurasiatique », affirme Zurabyan.

L’autre sujet de critique concerne le projet arméno-américain TRIPP, qui doit relier l’Azerbaïdjan au Nakhitchevan à travers le Syunik. Selon Levon Zurabyan, celui-ci est devenu « un projet géopolitique unilatéral ».

« Il sert les intérêts très concrets de certains États : l’Azerbaïdjan, la Turquie, l’Union européenne, les États-Unis et Israël, tandis qu’il est perçu comme hostile par l’Iran, la Russie et la Chine », affirme-t-il.

Le HAK qualifie cette orientation de « politique des blocs » et propose d’y renoncer.

Le Premier ministre affirme le contraire

Alors que la formation d’opposition accuse le gouvernement de suivre une politique étrangère favorable à l’Azerbaïdjan et dangereuse pour l’Arménie, le Premier ministre arménien a souligné à plusieurs reprises que son gouvernement menait une politique équilibrée et visant à préserver les équilibres.

Selon Nikol Pachinian, la Troisième République d’Arménie a été fondée en 1991 « dans une logique de conflit et de confrontation ». Après sa victoire aux élections législatives, le chef du gouvernement affirme que la « Quatrième République » qu’il a proclamée « s’est constituée dans une logique de paix ».

Le programme quinquennal du gouvernement indique notamment parmi ses priorités l’institutionnalisation de la paix établie avec l’Azerbaïdjan et la poursuite du processus de délimitation de la frontière, l’avancement du processus de normalisation des relations avec la Turquie, l’approfondissement des relations à caractère stratégique avec l’Iran, le renforcement des partenariats stratégiques avec l’Union européenne et les États-Unis, ainsi que la transformation et l’approfondissement des relations de partenariat avec la Russie.

Concernant le projet TRIPP, le Premier ministre assure qu’il n’est dirigé contre personne et que sa mise en œuvre serait également bénéfique à la Russie et à l’Iran, malgré leurs relations hostiles avec l’Occident.

 

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