Près de 400 personnes se sont retrouvées mercredi 30 septembre à l’hôtel InterContinental Paris Le Grand, près de l’Opéra, pour célébrer le 35e anniversaire de l’indépendance de la République d’Arménie. Deux heures durant, de 18 h 30 à 20 h 30, responsables politiques français, représentants de la communauté arménienne, diplomates, artistes et personnalités du monde culturel ont célébré l’événement.




Parmi les invités figuraient notamment Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France,

le maire de Paris Emmanuel Grégoire, Audrey Pulvar, adjointe au maire de Paris chargée des relations internationales, européennes et de la francophonie, et Anouch Toranian, adjointe au maire de Paris chargée des commerces, de l’artisanat et des professions libérales. Étaient également présents le sénateur Gilbert-Luc Devinaz, président du groupe d’amitié France-Arménie au Sénat,


l’ancien secrétaire d’État Thierry Mandon et Anne-Laurence Petel, ex-députée des Bouches-du-Rhône.

Les deux coprésidents du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF),

Ara Toranian et Mourad Papazian,
avaient également répondu à l’invitation, tout comme Nadia Gordzounian,



La journaliste Natacha Polony, la violoncelliste Astrig Siranossian, le photographe Antoine Agoudjian, Christina Galstian-Agoudjian, chorégraphe et directrice artistique de la Compagnie Yeraz, Richard et Corinne Zarzavadjian, 
La cérémonie s’est ouverte solennellement avec le Chœur de l’Armée française, formation spéciale de la Garde républicaine, qui a interprété successivement les hymnes nationaux arménien et français.

L’ambassadeur d’Arménie en France, Arman Khachatryan, a ensuite pris la parole.
» C’est un grand honneur de vous accueillir à l’occasion du trente-cinquième anniversaire de l’indépendance de la République d’Arménie.
La qualité et le nombre de votre présence ce soir donnent à cette rencontre une signification toute particulière et illustrent la profondeur des relations qui unissent la France et l’Arménie.
Je tiens à remercier chaleureusement Madame la ministre déléguée, Éléonore Caroit, qui nous fait l’honneur de prendre la parole à cette occasion.
Cette année est remarquable pour l’Arménie. Nous célébrons le trente-cinquième anniversaire de notre indépendance, un moment important de notre histoire et l’occasion de mesurer le chemin parcouru.
Trente-cinq ans peuvent sembler une période bien courte dans la vie d’une nation. Pourtant, l’Arménie nous rappelle que l’histoire ne se mesure pas seulement en décennies, mais aussi en millénaires.
Le paradoxe d’une nation ancienne et d’une République jeune constitue l’une des clés pour comprendre notre rapport à la mémoire, à la modernité et à la transformation.
Ces trente-cinq années ont été marquées par des épreuves considérables : la guerre et la paix, les victoires et les pertes douloureuses, l’espoir et les déceptions.
Elles nous ont surtout enseigné une leçon fondamentale : la souveraineté n’est pas seulement un droit ; elle est une responsabilité.
Forte d’une identité forgée au fil des siècles — notre langue, notre culture, notre foi, notre mémoire historique — l’Arménie a choisi de construire un État moderne, responsable devant ses citoyens et attaché à un ordre international fondé sur le droit.
Chers amis,
Il y a trente-cinq ans, l’indépendance de l’Arménie est redevenue une réalité. Notre responsabilité, aujourd’hui, est de faire de cette indépendance une souveraineté pleinement assumée, solide et prospère, ouverte sur l’Europe et sur le monde.
Guidé par cette conviction, notre gouvernement mène une politique étrangère d’équilibre — une politique qui a démontré son efficacité pour stabiliser l’environnement extérieur de l’Arménie. Au cœur de cette politique se trouve la consolidation de la paix établie entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Après les guerres et les souffrances de ces dernières années, nous avons choisi la paix plutôt que la confrontation perpétuelle, sur la base de la reconnaissance mutuelle de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’inviolabilité des frontières internationalement reconnues.
Aujourd’hui encore, des questions humanitaires urgentes demeurent en suspens, notamment la libération des prisonniers arméniens à Bakou, à laquelle les autorités arméniennes travaillent avec constance et détermination.
La paix n’est pas un acte de naïveté. Elle est un investissement stratégique dans l’avenir de notre région et dans celui des générations à venir.
Nous sommes également déterminés à renforcer notre environnement sécuritaire par la normalisation de nos relations avec les pays de la région et par l’approfondissement de nos partenariats au-delà de celle-ci.
Cette même ambition guide notre chemin européen. L’approfondissement des relations entre l’Arménie et l’Union européenne témoigne de notre volonté de poursuivre nos réformes et de renforcer notre ancrage dans l’espace européen des valeurs, de la démocratie et de la prospérité.
Chers amis,
Parmi les partenaires de l’Arménie, la France occupe une place à part. Et il est particulièrement approprié que j’exprime ici, sur le sol français, notre profonde gratitude à la France.
Notre amitié plonge ses racines dans l’histoire. Elle est nourrie par des valeurs communes et s’est, au fil du temps, transformée en une véritable fraternité.
Cette fraternité s’est notamment manifestée lors de la résistance héroïque du Musa Dagh et du sauvetage de quelque 4 000 Arméniens par la marine française en 1915. Au XXe siècle, elle a pris un visage avec Missak et Mélinée Manouchian, dont l’entrée au Panthéon a consacré la mémoire du combat pour la liberté et symbolise les liens profonds qui unissent nos deux peuples.
Cette relation est fondée non seulement sur la mémoire, mais aussi sur des ambitions communes pour l’avenir.
Les 4 et 5 mai derniers, le Président de la République française, Emmanuel Macron, a effectué une visite d’État en Arménie — une visite à la fois symbolique et substantielle.
Elle a réaffirmé, à un moment critique pour notre région, l’engagement constant de la France en faveur de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la résilience de l’Arménie.
À son issue, nos deux pays ont signé une Déclaration portant établissement d’un partenariat stratégique entre l’Arménie et la France.
Cette Déclaration porte notre coopération à un niveau qualitativement supérieur dans les domaines politique, économique, de la défense, culturel et éducatif, ainsi que dans la coopération décentralisée.
Ici, je souhaite également rendre hommage à notre diaspora, et en particulier à la communauté arménienne de France, dont l’engagement constant contribue à faire vivre cette amitié. Par son histoire, sa présence et son dynamisme, elle constitue un trait d’union précieux entre nos deux pays.
Mesdames et Messieurs,
Cette année a également été un moment de réaffirmation démocratique pour l’Arménie. Les élections législatives du 7 juin ont une nouvelle fois démontré la maturité de notre système politique et la détermination de nos citoyens à décider de leur avenir par les voies démocratiques, malgré les campagnes de désinformation, les cyberattaques et les ingérences étrangères. La résilience de notre démocratie face à ces menaces constitue en soi un accomplissement.
Même confrontée à ces défis, l’Arménie regarde vers l’extérieur.
Après avoir accueilli avec grand succès le 8ᵉ Sommet de la Communauté politique européenne en mai dernier, notre pays s’apprête, dans les semaines à venir, à recevoir un autre événement international majeur : la COP17 sur la biodiversité. Elle réunira à Erevan de nombreux pays et acteurs engagés en faveur de la préservation de la biodiversité et du développement durable.
En 2027, Erevan sera également au cœur de la Francophonie à l’occasion des Jeux de la Francophonie — un rendez-vous que nous accueillerons avec beaucoup de joie.
Ces événements témoignent d’une conviction qui nous est chère : même un État de taille relativement modeste peut apporter une contribution significative aux défis mondiaux et offrir un espace de dialogue, de solidarité et de culture partagée.
Mesdames et Messieurs,
À l’heure où l’Arménie poursuit son chemin d’indépendance, notre tâche est claire : consolider la paix, approfondir la démocratie et renforcer notre souveraineté par la coopération et l’ouverture.
L’Arménie entend être une nation à la voix claire : ancrée dans son histoire, confiante dans son présent et résolument tournée vers son avenir.
Ernest Renan écrivait, dans sa célèbre conférence prononcée à la Sorbonne :
« L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours. »
Depuis trente-cinq ans, le peuple arménien réaffirme chaque jour son choix et sa volonté de vivre dans un État indépendant, souverain, démocratique et maître de son destin.
C’est cette volonté que nous poursuivons aujourd’hui, avec lucidité et détermination.
Vive l’Arménie !
Vive la France !
Vive l’amitié entre l’Arménie et la France !
Je vous remercie. »

Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, lui a succédé au nom du gouvernement français pour une intervention beaucoup plus brève dans laquelle elle a célébré l’amitié entre les deux pays.

La soirée s’est achevée comme elle avait commencé, en musique. Le Chœur de la Garde républicaine, a interprété deux grands titres de Charles Aznavour, Emmenez-moi et For Me… Formidable.











