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À l’Assemblée nationale, le groupe d’amitié France–Arménie relance la mobilisation en faveur d’Erevan et des prisonniers arméniens

À l’initiative de Laurent Wauquiez, président du groupe d’amitié France–Arménie de l’Assemblée nationale, une réunion de travail s’est tenue mardi en présence de plusieurs députés et d’une délégation du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF). Une séance dense, consacrée à la situation de l’Arménie, aux équilibres fragiles du Sud-Caucase et au rôle de la France dans un contexte régional toujours instable.

Autour de la table : Nadia Gortzounian, Mourad Papazian et Ara Toranian pour le CCAF ; Hovhannes Guèvorguian, représentant de l’Artsakh ; ainsi que Tigrane Yégavian, analyste spécialiste du Caucase. Tous ont exposé leur lecture des derniers développements politiques et géopolitiques autour d’Erevan et de Bakou.

Premier sujet abordé : le sort des prisonniers politiques et militaires arméniens détenus en Azerbaïdjan.
La délégation a rappelé l’illégalité persistante de ces détentions, malgré les engagements internationaux pris par Bakou et les appels répétés d’organisations européennes. Les intervenants ont demandé une remobilisation active de la diplomatie française, estimant que la question ne peut être dissociée d’une paix « juste » et durable.

Les députés présents ont convenu de relancer l’attention parlementaire sur ces dossiers, notamment par des initiatives interpartisane et une interpellation constante des autorités françaises et européennes.

La réunion a également porté sur le contenu et les conséquences du traité de paix en cours de finalisation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Les représentants du CCAF et les experts ont exprimé leurs inquiétudes sur un texte pouvant s’apparenter à une paix imposée, sans garanties connues de sécurité pour la population arménienne et la souveraineté du pays, tandis que les pressions et les menaces de la coalition turco-azerbaïdjanaise se poursuivent.

Ils ont rappelé que les négociations se déroulent dans un contexte marqué par les déplacements forcés des 120 000 Arméniens d’Artsakh, l’effacement culturel mené par Bakou et la persistance d’un rapport de force militaire asymétrique.

France–Arménie : un partenariat stratégique à renforcer

Les échanges ont permis de faire un point détaillé sur l’avancée des discussions autour du partenariat stratégique entre Paris et Erevan, annoncé en 2023 et progressivement structuré depuis.

Les représentants du CCAF ont salué la volonté constante de la France, tout en soulignant que ce partenariat doit désormais entrer dans une phase plus opérationnelle :

-soutien en matière de défense et de sécurité,

-coopération économique renforcée,

-consolidation de l’aide humanitaire, notamment au profit des réfugiés d’Artsakh,

-soutien accru aux projets de développement franco-arméniens.

La délégation a également présenté un état des lieux de la situation économique de l’Arménie et des défis posés par l’accueil des réfugiés d’Artsakh.
Malgré les efforts du gouvernement arménien, les besoins restent considérables, qu’il s’agisse de logements, d’infrastructures, d’emploi ou d’intégration sociale.

Les représentants du CCAF ont insisté sur l’importance des partenariats franco-arméniens, citant notamment les jumelages et les initiatives entrepreneuriales, culturelles ou universitaires qui poursuivent leur développement malgré le contexte géopolitique.

Des décisions concrètes pour la suite

Au terme des échanges, les députés du groupe d’amitié ont annoncé plusieurs décisions et pistes de travail :

-Renforcer l’action parlementaire sur le dossier des prisonniers arméniens en Azerbaïdjan.

-Accroître l’implication de la France dans le suivi du processus de paix et dans l’accompagnement de l’Arménie.

-Structurer un dialogue plus régulier entre le groupe d’amitié, le CCAF, les experts et les acteurs engagés en faveur de l’Arménie.

-Soutenir les initiatives franco-arméniennes dans les domaines humanitaire, économique, éducatif et culturel.

Cette réunion marque une remobilisation claire du Parlement français autour des enjeux arméniens et du Sud-Caucase. Une dynamique appelée à se poursuivre dans les prochains mois, au rythme d’une région où les équilibres restent chaque jour plus complexes et déterminants pour la sécurité européenne.

 

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