À Gumri, un projet de réaménagement d’une partie du parc de la Victoire, financé conjointement par le gouvernement et la municipalité, a débuté il y a un mois avant d’être suspendu quelques jours plus tard. Aujourd’hui, rien ne permet de savoir si les travaux reprendront et si le parc sera finalement rénové.
Dès le lancement du chantier, plusieurs arbres ont été abattus. L’Inspection de l’environnement est intervenue sur place, a procédé à un décompte des arbres coupés et a engagé une procédure, avant de transmettre le dossier au Comité d’enquête. Celui-ci a ouvert une enquête pénale pour abattage illégal d’arbres, d’arbustes ou de végétation. Selon l’organisme de contrôle, douze arbres ont été abattus.
« Lors de l’inspection, douze souches d’arbres de différentes espèces et de différents diamètres ont été découvertes. Certains arbres ont été coupés au point de compromettre définitivement leur croissance, tandis que d’autres ont été déracinés. Les dommages causés à la flore ont été évalués à 630 000 drams », précise un communiqué de l’Inspection.
Le maire adjoint de Gumri, Avetis Arakelyan, conteste toutefois ce bilan : « D’après les informations dont je dispose, seuls deux arbres de gros diamètre ont été abattus. »
Il appartiendra désormais au Comité d’enquête de déterminer le nombre exact d’arbres coupés dans le cadre de l’enquête préliminaire.
Avetis Arakelyan justifie la nécessité de ces abattages par les contraintes du chantier : « Nous disposons également de documents justifiant ces interventions dans le cadre des travaux de construction. Des excavations ont été réalisées et les racines de ces arbres, qui avaient probablement environ 70 ans, avaient pénétré dans une canalisation. C’est pour cette raison qu’ils ont été retirés. »
Mais qui a réellement abattu les arbres ? L’entreprise chargée des travaux, Merdzmoskovyan, ou la municipalité elle-même ? Le maire adjoint affirme s’être rendu sur place et avoir personnellement constaté que les arbres étaient déjà renversés.
Il précise avoir lui-même pris la décision de les faire évacuer.
En revanche, interrogé sur le fait de savoir si l’abattage des arbres était prévu dans le projet initial, il n’a pas apporté de réponse claire. Il apparaît qu’une demande de justification écrite n’a été adressée au concepteur du projet qu’après les abattages.
Il s’avère par ailleurs que l’interruption des travaux de réaménagement du parc n’est pas liée à l’enquête judiciaire, mais à un problème avec l’entreprise chargée du chantier.
Dans le cadre du dispositif de budget participatif, le gouvernement a alloué 69 millions de drams à ce projet, tandis que la municipalité de Gumri doit apporter les 110 millions restants. L’une des conditions imposées prévoit que 70 % des travaux soient réalisés d’ici décembre.
Ce projet risque-t-il de connaître le même sort que celui de la construction d’un refuge pour chiens errants, également financé dans le cadre du budget participatif, et de voir le gouvernement récupérer les fonds accordés ?
L’année dernière, à Gumri, le projet de construction d’un refuge pour chiens errants avait échoué. Cinq appels d’offres avaient été lancés, sans qu’aucune entreprise ne se porte candidate.
Les 85 millions de drams alloués par le gouvernement avaient alors été reversés au budget de l’État, laissant à la municipalité l’intégralité du financement du projet.
Désormais, la ville de Gumri devra mobiliser 138 millions de drams sur son propre budget pour assurer la construction de ce refuge.
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