Refusés à l’intérieur, présents à l’extérieur. Alors que plusieurs organisations de la société civile de l’Artsakh se sont vu refuser l’accès à la COP17 sur la biodiversité, leurs représentants ont décidé de faire entendre leur voix aux portes de la conférence, à Erevan. Une manière de rappeler que les populations arméniennes déplacées de l’Artsakh entendent préserver leur identité, leur culture et leurs traditions.
C’est devant le complexe sportif et de concerts Karen Demirchyan, où se tient la conférence internationale, que des représentants de l’Artsakh ont choisi de présenter leur patrimoine culturel et gastronomique. Selon Artsakh Television, à l’origine de cette information, plusieurs personnalités culturelles et publiques ont participé à cette initiative destinée à sensibiliser les délégations étrangères à l’histoire et aux traditions de leur région.
L’événement intervient après le rejet, par les organisateurs de la COP17, des demandes de participation formulées par plusieurs organisations de la société civile de l’Artsakh. Un refus d’autant plus significatif que cette conférence internationale consacrée à la biodiversité aborde également la place des communautés locales et des populations autochtones dans la préservation de leur environnement et de leurs traditions.
Les participants ont notamment insisté sur le caractère autochtone de la population arménienne de l’Artsakh et sur la nécessité de sauvegarder un patrimoine aujourd’hui menacé de disparition ou de dispersion.
Le contraste est saisissant. Alors que la COP17 entend promouvoir la protection de la biodiversité et reconnaître le rôle des communautés autochtones, des organisations représentant les Arméniens de l’Artsakh n’ont pas obtenu l’espace d’exposition qu’elles avaient sollicité dans la zone verte de la conférence.
Artak Beglaryan, président de l’Union de l’Artsakh, avait dénoncé ce refus dès le 20 octobre. Selon lui, son organisation souhaitait présenter aux participants les questions liées aux droits des Arméniens déplacés et à la biodiversité de leur territoire d’origine. Les motifs précis du rejet n’ont pas été établis publiquement.
Pour les représentants de l’Artsakh, cette exclusion est d’autant plus difficile à comprendre que la défense de l’environnement ne peut, selon eux, être dissociée de celle des populations qui y vivent et transmettent leurs savoirs traditionnels.
