Un haut responsable de l’alliance « Strong Armenia » du milliardaire Samvel Karapetian a été placé en résidence surveillée mercredi après avoir passé près de quatre mois en prison pour des chefs d’accusation que le groupe d’opposition qualifie de forgés de toutes pièces.
Un tribunal d’Erevan a rendu cette décision au début du procès d’Aleksan Aleksanian. Il a rejeté la demande du parquet visant à prolonger sa détention provisoire de trois mois.
Aleksanian a été arrêté et inculpé d’achat de voix cinq jours avant les élections législatives du 7 juin, lors desquelles « Arménie forte » était le principal adversaire du parti au pouvoir, « Contrat civil ». Deux jours plus tard, les enquêteurs ont perquisitionné 50 bureaux de campagne du bloc et arrêté 25 autres personnes.
La Commission d’enquête a déclaré qu’Aleksanian avait embauché l’année dernière quelque 1 400 personnes pour travailler au sein d’une organisation non gouvernementale qui constituait l’épine dorsale du mouvement d’opposition de Karapetian. Elle a affirmé que ces personnes étaient payées pour participer aux rassemblements du mouvement sous le couvert de leur salaire. Aleksanian et « Strong Armenia » rejettent ces accusations, qu’ils qualifient de motivées par des considérations politiques.
Dans le cadre de cette même affaire pénale, les forces de l’ordre ont également mis en examen le neveu et bras droit de Karapetian, Narek, qui dirige aujourd’hui le deuxième groupe politique en importance au Parlement arménien. Elles se sont toutefois abstenues, jusqu’à présent, de tenter de l’arrêter.
Des centaines d’autres membres ou sympathisants du bloc du Karabakh ont également été arrêtés, accusés d’avoir versé ou reçu des pots-de-vin électoraux avant ces élections contestées. Deux d’entre eux avaient été élus au Parlement sous la bannière de « Strong Armenia ». Ils ont tous deux été remis en liberté en juillet pour cette raison.
Les autorités ont ouvert un nombre plus restreint de procédures pénales de ce type à l’encontre de deux autres forces d’opposition majeures, dirigées respectivement par l’ancien président Robert Kocharian et l’homme d’affaires Gagik Tsarukian. Kocharian et Tsarukian ont été arrêtés respectivement en août et en juin, après que le Premier ministre Nikol Pashinian eut publiquement promis de les faire emprisonner.
Le parti de Pashinian a lui-même été accusé par l’opposition arménienne d’avoir acheté des voix avec des fonds publics. Aucun de ses membres ou partisans n’a fait l’objet de poursuites pour ces faits. Les observateurs électoraux de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) ont relevé ce fait dans un rapport présenté lundi lors d’une session de cette instance siégeant à Strasbourg.
« Les programmes sociaux récemment mis en place par le gouvernement peu avant les élections, tels que l’annulation ciblée de dettes et l’assouplissement des sanctions en matière de conduite routière, ont été considérés comme des outils de campagne de facto, bien qu’ils respectent techniquement la loi électorale », indique le rapport.
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