Parallèlement au projet arméno-américain TRIPP, l’Union européenne réalise elle aussi d’importants investissements dans la région du Syunik. Dans le cadre de l’initiative « Syunik résilient – Team Europe », lancée en 2023, les États membres de l’UE, la Suisse et les banques européennes ont déjà mobilisé plus de 250 millions d’euros pour mettre en œuvre des dizaines de projets, allant de la rénovation des systèmes d’irrigation à l’approvisionnement en eau potable, de la prise en charge des personnes vulnérables à la préservation et à la restauration du patrimoine spirituel et culturel.
« Je veux dire aux habitants du Syunik que l’Union européenne se tient à vos côtés et soutient vos efforts », a déclaré le chef de la délégation de l’Union européenne en Arménie, Vassilis Maragos. « Le peuple arménien sait à quel point le Syunik est important. C’est une région essentielle pour l’Arménie et elle joue un rôle majeur dans le renforcement de la résilience du pays ainsi que dans la préservation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale. »
À l’heure actuelle, le budget global de l’initiative atteint 258 millions d’euros, dont une partie sous forme de prêts et l’autre sous forme de subventions. Ces fonds servent, par exemple, à réhabiliter les 36 kilomètres du canal de Spandaryan, qui permettra d’irriguer plus de 2 000 hectares de terres agricoles.
Avec le soutien de la France, des fouilles sont menées sur le site du complexe monastique du XVIIe siècle du Grand Ermitage de Tatev, en préparation de travaux de restauration. Avec l’aide de l’Union européenne, des solutions d’hébergement sont proposées aux personnes âgées nécessitant une prise en charge et une attention particulières. Des infrastructures et des équipements sont également fournis aux producteurs arméniens et aux entreprises assurant la collecte des récoltes, entre autres projets.
Au total, près de 80 projets ont déjà été réalisés ou doivent prochainement être lancés. Le budget de l’initiative pourrait encore augmenter à l’avenir.
« Investir dans cette région constitue un objectif commun et absolument nécessaire de l’Union européenne et du gouvernement arménien », souligne Vassilis Maragos.
Le chef de la délégation de l’UE en Arménie ainsi que les ambassadeurs de plusieurs États membres se sont rendus cette semaine dans le Syunik afin de prendre connaissance sur place de ces différents projets.
« Nous intégrons constamment de nouveaux projets à cette initiative », a indiqué Vassilis Maragos.
Cet été, lors de ses visites à Bakou et à Erevan, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé dans les deux capitales un nouvel investissement pouvant atteindre 200 millions d’euros dans le cadre du programme « Global Gateway ». Bruxelles entend consacrer ces fonds au développement des transports, de l’énergie et des technologies de l’information dans le Caucase du Sud.
En mai, lors du premier sommet Arménie-Union européenne organisé à Erevan, les deux parties ont également signé un document établissant un « partenariat pour la connectivité » (Connectivity Partnership), qui, selon Bruxelles, s’inscrit pleinement dans le cadre de l’initiative arménienne du « Carrefour de la paix ».
On ignore encore quels projets concrets seront mis en œuvre dans le cadre de cet agenda. L’ambassadeur de l’Union européenne, Vassilis Maragos, précise que la question doit encore faire l’objet de discussions.
« L’Union européenne soutient l’initiative du “Carrefour de la paix”. Les détails doivent également être discutés avec les pays voisins et nous devons déterminer quels seront les projets concrets », a-t-il déclaré.
Plusieurs projets résultant d’accords antérieurs sont déjà en cours de réalisation. La construction d’un nouveau poste-frontière entre l’Arménie et l’Iran est ainsi cofinancée par l’Union européenne.
Vassilis Maragos cite également les investissements européens dans le tronçon Sisian-Kajaran du corridor Nord-Sud. Bien que les travaux n’aient pas encore commencé sur ce qui est considéré par les spécialistes comme le tronçon le plus difficile de cette route interétatique, les autorités arméniennes promettent d’achever d’ici 2031 cette section d’environ 60 kilomètres.
Il y a près de deux ans, le gouvernement arménien a signé avec la Banque européenne d’investissement un accord de prêt de 236 millions d’euros destiné à cofinancer les travaux. Selon la Banque européenne d’investissement, la construction de ce tronçon nécessite au total 1,344 milliard d’euros.
Erevan a également conclu des accords avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et la Banque asiatique de développement afin de mobiliser auprès de chacune d’elles 236 millions d’euros.
« Ce projet rapprochera considérablement Kapan et Meghri d’Erevan et des marchés », souligne l’ambassadeur de l’Union européenne en Arménie.
Bruxelles se dit également prête à soutenir directement le projet TRIPP. Selon le chef de la délégation de l’Union européenne, des discussions sont actuellement en cours avec Erevan et Washington afin de déterminer sous quelle forme l’UE pourrait y participer.
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