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« Une base de données commune sur les personnes disparues sera créée entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie », annonce Catherine Bomberger

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©armenews.com

Selon des sources azerbaïdjanaises, la directrice générale de la Commission internationale pour les personnes disparues (ICMP), Catherine Bomberger, a annoncé qu’une base de données commune sur les personnes disparues serait créée entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Ce système s’inspirera du modèle de coopération mis en place dans l’ex-Yougoslavie. Mme Bomberger a fait cette déclaration lors d’une conférence consacrée aux personnes disparues organisée en Azerbaïdjan.

Selon elle, cette base de données jouera un rôle important pour renforcer la coopération entre les institutions des deux États, développer les liens entre le gouvernement azerbaïdjanais et les familles des personnes disparues, ainsi que faciliter les échanges d’informations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

« C’est un modèle dont nous avons soutenu la création, notamment dans le contexte de l’ex-Yougoslavie. Depuis 2021, les gouvernements de cette région, bien que de nombreuses années se soient écoulées depuis le conflit, ont mis en place un groupe de travail conjoint sur les personnes disparues et constitué une base de données unifiée concernant les dossiers toujours non résolus. Grâce à cette base, ils échangent des informations. Nous espérons que cette nouvelle base permettra d’obtenir des résultats similaires », a déclaré Catherine Bomberger.

Lors de la même conférence, le chef adjoint du Service de sécurité de l’État d’Azerbaïdjan, Sharafat Hasanov, a indiqué que le futur système permettra de regrouper les différentes bases de données existantes sur les personnes disparues au sein d’une plateforme unique.

Selon lui, les citoyens arméniens et azerbaïdjanais pourront également transmettre, de manière anonyme, des informations concernant des personnes disparues, y compris sur leurs éventuels lieux d’inhumation.

Toujours selon Hasanov, les informations recueillies seront utilisées exclusivement à des fins humanitaires et les personnes qui les fourniront ne pourront en aucun cas être poursuivies, l’objectif étant uniquement de contribuer à faire la lumière sur le sort des disparus.

Le vice-ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Elnur Mammadov, a pour sa part déclaré que, depuis novembre 2020, l’Azerbaïdjan avait remis à la partie arménienne les dépouilles de plus de 2 000 militaires arméniens.

Bakou affirme qu’environ 4 000 personnes sont toujours portées disparues côté azerbaïdjanais, tandis qu’Erevan évoque environ 1 200 disparus. Côté arménien, 191 personnes sont toujours considérées comme disparues à la suite de la guerre de 44 jours de 2020. Environ 900 autres sont portées disparues depuis la première guerre du Haut-Karabakh. Par ailleurs, 22 personnes sont toujours portées disparues après l’explosion du 25 septembre 2023.

En Arménie, la commission interministérielle chargée des prisonniers de guerre, des otages et des personnes disparues est présidée par le directeur du Service de sécurité nationale (NSS), Artur Simonyan, qui s’était rendu à Bakou l’an dernier. Le contenu de cette visite n’a jamais été rendu public.

Interrogé par Azatutyun sur les déclarations faites en Azerbaïdjan concernant la création d’une plateforme commune et sur la question de savoir si ce sujet avait été abordé lors de la réunion de la commission du 22 juin consacrée aux prisonniers et aux personnes disparues, le NSS a invité le média à adresser une demande écrite.

Les proches des militaires disparus organisent régulièrement des manifestations devant différentes institutions publiques et bloquent parfois des routes afin d’exiger une intensification des recherches pour retrouver leurs proches.

Les commissions arménienne et azerbaïdjanaise se sont rencontrées pour la dernière fois l’été dernier. À l’issue de cette réunion, les deux parties avaient publié des communiqués quasiment identiques indiquant qu’elles avaient examiné les questions humanitaires liées à l’élucidation du sort des personnes disparues, ainsi que les possibilités d’échange d’informations et de coordination des opérations de recherche.

Les travaux éventuellement réalisés à la suite de cette rencontre n’ont toutefois jamais été rendus publics.

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