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« Je peux dire “bonjour monsieur”, mais après, comment je fais pour dire que j’ai des fleurs ? » : les petits exploitants de serres cherchent de nouveaux acheteurs

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©armenews.com

Les petits exploitants de serres demandent le soutien de l’État afin d’aider les petites entreprises à acheminer leurs produits vers les marchés européens ou d’encourager les grandes entreprises à le faire.

L’Europe n’est pas la Russie : ni la langue n’est la même, ni le marché aussi accessible, réfléchit Artak Tovmassian, habitant de la région d’Armavir. Selon lui, des milliers de petits exploitants de serres comme lui se retrouvent aujourd’hui devant un fait accompli.

« Je peux dire : “Bonjour monsieur”, et mon français s’arrête là. Après, comment je fais pour dire que j’ai des fleurs ? »

Ce producteur, qui exportait ses fleurs exclusivement vers le marché russe depuis des dizaines d’années, explique qu’il y avait déjà établi ses réseaux commerciaux et qu’il avait agrandi sa serre jusqu’à 5 000 mètres carrés. Depuis les restrictions imposées par la Russie, il entend chaque jour parler du soutien de l’Union européenne, de nouveaux marchés et de subventions publiques, mais il est convaincu que les petites exploitations ne parviennent pas à bénéficier de ces programmes.

Il y a quelques jours, le Rosselkhoznadzor a déclaré que les restrictions appliquées à une grande partie des produits arméniens n’étaient pas de nature politique mais liées à des problèmes de qualité.

Le producteur de serres estime toutefois qu’il s’agit simplement d’une réponse diplomatique.

À Armavir, Tigran Petrossian possède lui aussi près de 8 000 mètres carrés de serres. Il y cultive différentes variétés de fleurs. Plusieurs familles vivaient grâce à cette exploitation, qui faisait travailler environ 45 personnes. Cette année, il espérait dégager un bénéfice net annuel de 30 à 40 millions de drams. Il a investi des millions de drams, importé de nouveaux plants des Pays-Bas, les a plantés et cultivés. Mais au moment où il devait exporter sa production vers la Russie, Moscou a imposé une interdiction.

Il affirme avoir élevé ces fleurs comme la prunelle de ses yeux et assure qu’elles n’ont rien à envier aux fleurs européennes en termes de qualité. Le problème, dit-il, est qu’il ne sait ni par qui ni comment les exporter vers d’autres pays.

Les producteurs apportent leurs fleurs sur les marchés de gros, mais elles ne s’y vendent pas davantage. Ils sont alors contraints de les couper, de les jeter ou de les brûler, car les laisser dans le sol risquerait d’endommager les serres. Selon lui, si les consommateurs voient des fleurs chères sur les marchés, c’est à cause de l’avidité des revendeurs. Les producteurs, eux, les vendent pour presque rien.

Après les restrictions russes, le gouvernement a proposé quatre programmes de soutien aux exportateurs. Les entreprises qui exportent ou réexportent des marchandises vers les pays de l’Union européenne, le Royaume-Uni, l’Irlande du Nord ou le Canada recevront des subventions.

Un autre programme prévoit, jusqu’au 1er juillet, une aide destinée aux exportateurs de fruits et légumes, d’eau minérale, de cognac et de vin en bouteille. Les deux autres programmes concernent les exploitations sous serre. L’un vise l’exportation des fruits, légumes et fleurs produits sous serre. Il est également prévu de prolonger jusqu’à six mois les délais de remboursement des prêts contractés par les exploitations sous serre. Ce dernier programme est aussi accessible aux petits producteurs.

Artak et Tigran demandent également, au nom de leurs voisins, si l’État accordera une compensation financière. Ils expliquent qu’ils ne parviennent déjà pas à écouler la totalité de leurs fleurs sur le marché intérieur, encore moins à les exporter.

Ils souhaitent rencontrer le ministre de l’Économie, Gevorg Papoyan, afin de lui expliquer que les petites exploitations seront condamnées à disparaître si le gouvernement ne leur vient pas en aide.

« Pour un exploitant de serre, la vue d’une serre en pleine floraison est un enfer. Cela signifie que cette serre est perdue », disent-ils.

Ils expliquent que les fleurs doivent être exportées alors qu’elles sont encore au stade de bouton.

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