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Pachinian et le Fonds d’assurance des militaires avancent des chiffres différents sur le nombre de morts de la guerre de 44 jours

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©armenews.com

Combien de militaires ont été tués pendant la guerre de 44 jours ? Six ans après le conflit, les chiffres continuent de faire débat. Lors du grand débat électoral, le Premier ministre Nikol Pachinian avait affirmé : « Lors de la guerre de 44 jours, 3 755 militaires ont été tués. C’est le chiffre officiel enregistré. »

Il répondait alors aux accusations de l’opposition selon lesquelles il serait responsable de la mort de 5 000 personnes. Or, si 3 755 militaires ont effectivement été tués durant la guerre, ce chiffre devrait logiquement correspondre au nombre de familles ayant reçu une indemnisation du Fonds d’assurance des militaires, connu sous le nom de « Zinapah ».

Pourtant, la directrice du Fonds national d’assurance des militaires, Kariné Sarkissian, avance un autre chiffre : « Lorsque nous parlons de la guerre de 44 jours, c’est-à-dire de la période comprise entre le 27 septembre et le 10 novembre, nous comptabilisons 3 576 morts. » L’écart est de 179 personnes.

Cela signifie-t-il que les familles de ces victimes n’ont pas reçu d’indemnisation ? La responsable du fonds l’exclut : « Même lorsqu’il y a eu des problèmes administratifs ou documentaires, nous avons aidé les familles à les résoudre rapidement afin qu’aucune d’entre elles ne soit privée de soutien. De tels cas n’existent pas. »

Kariné Sarkissian avance une autre hypothèse : le chiffre de 3 755, cité à la fois par Pachinian et par le Comité d’enquête, inclurait peut-être également des victimes civiles de la guerre, qui ne sont pas bénéficiaires du Fonds.

« Tous ces chiffres font l’objet de spéculations. Peut-être que des civils sont inclus dans ce total, mais nous ne sommes pas habilités à apporter des précisions à ce sujet », a-t-elle déclaré. Pourtant, lors de son intervention, Pachinian parlait explicitement des militaires tués.

Pourquoi une nouvelle confusion apparaît-elle autour du bilan humain de la guerre ?

Pendant des années, l’opposition – parmi laquelle figurait notamment le député Gegham Nazarian, père d’un tireur d’élite tué durant le conflit – a réclamé la publication d’une liste unique et exhaustive des victimes, avec leurs noms et prénoms. À l’époque, Pachinian répondait que ces informations étaient déjà accessibles via la plateforme du Fonds Zinapah. « Le mécanisme institutionnel prévu pour publier les noms de nos martyrs est la liste enregistrée par le Fonds d’assurance des militaires. Les noms y sont publiés. Les noms complets des victimes de la guerre de 44 jours y figurent également », affirmait-il.

Durant la campagne électorale, Gegham Nazarian reprochait même à certaines forces d’opposition de promettre la publication d’une liste des victimes alors que, selon lui, celle-ci existait déjà. « Il ne peut y avoir ni noms ajoutés ni noms retirés. Ceux qui souhaitent connaître le parcours de nos héros ou vérifier les chiffres peuvent consulter la rubrique “Nous nous souvenons” du Fonds Zinapah », expliquait-il. Nazarian appelait alors à ne pas instrumentaliser les morts de la guerre.

Sur le site officiel du Fonds, une rubrique intitulée « Nous nous souvenons » présente effectivement les victimes du conflit avec leurs photographies et de brèves biographies. Cette section a été créée à son initiative.

Mais contrairement à ce qu’il affirme, il ne s’agit pas d’une liste exhaustive. Certains groupes n’y figurent pas, notamment les jeunes issus d’orphelinats morts au combat et n’ayant pas de famille susceptible de recevoir une indemnisation.

L’écart de 179 victimes entre le chiffre avancé par le Premier ministre et celui du Fonds demeure donc inexpliqué.

Interrogé à ce sujet, Gegham Nazarian a avancé une autre hypothèse : « Je vais essayer de vérifier une nouvelle fois, mais il est possible que le chiffre de 3 755 inclue des disparus qui ont été identifiés comme morts mais dont les proches refusent toujours de reconnaître officiellement le décès. »

Environ 80 corps identifiés n’ont toujours pas été inhumés. Leurs familles continuent d’espérer le retour de leur fils, frère ou époux.

Cependant, même cette explication ne permet pas de justifier entièrement l’écart constaté, qui dépasse largement ce nombre.

Depuis le début, les défenseurs des droits humains soulignent que la plateforme du Fonds Zinapah, qui recense avant tout les bénéficiaires d’indemnisations, ne peut pas constituer une liste complète des victimes de la guerre.

Selon eux, tant qu’un registre officiel unique et exhaustif des morts ne sera pas publié, les spéculations sur le bilan humain de la guerre de 44 jours continueront d’alimenter les controverses.

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