À la suite des promesses répétées du Premier ministre de faire emprisonner les dirigeants des principaux groupes d’opposition, les procureurs ont demandé à la Commission électorale centrale (CEC) l’autorisation de porter de nouvelles accusations pénales contre l’ancien président Robert Kotcharian.
Le bureau du procureur général a refusé mardi 16 juin de révéler la nature des chefs d’accusation. Il a indiqué que, dans le cadre de la même affaire pénale, il avait également demandé à la CEC d’autoriser la mise en accusation et l’arrestation de deux autres hommes qui se sont présentés aux élections législatives du 7 juin sous la bannière de l’alliance Hayastan de Kotcharian.
L’autorisation de la CEC est nécessaire car les trois opposants restent techniquement candidats aux élections. On ignore pour l’instant quand la commission, dominée par des partisans du gouvernement, examinera les requêtes du parquet. Elle a déjà autorisé les forces de l’ordre à poursuivre plusieurs autres candidats de l’opposition.
Dimanche, le Service de sécurité nationale arménien (NSS) a empêché Kotcharian de quitter le pays alors qu’il s’apprêtait à embarquer sur un vol à destination de la Russie. Le NSS et le parquet n’ont toujours pas justifié cette mesure, qualifiée d’illégale par le bureau de Kotcharian.
Il est déjà jugé pour son rôle dans les troubles post-électoraux de 2008 à Erevan. Le juge présidant le procès ne lui a pas interdit de voyager à l’étranger. Le porte-parole de Kotcharian, Bagrat Mikoyan, a déclaré que l’ancien président, âgé de 71 ans, ne connaissait pas encore les détails des nouvelles accusations « fabriquées » à son encontre.
Les procureurs ne demandent pas encore de mandat d’arrêt contre lui. Alors qu’il clôturait sa campagne électorale à Erevan le 5 juin, Pachinian a annoncé qu’il serait à nouveau arrêté « dès la fin des élections ».
Au cours de sa campagne électorale, le Premier ministre s’est également engagé à faire emprisonner Samvel Karapetian et Gagik Tsarukian, deux riches hommes d’affaires à la tête des deux autres grands groupes d’opposition qui ont affronté le parti au pouvoir, Contrat civil, lors des élections. Alors que les allégations de fraude électorale se multiplient du côté de l’opposition, Pachinian a également réaffirmé, à la fin de la semaine dernière, sa volonté de « déposséder » les trois principaux dirigeants de l’opposition.
« Le pain doit avoir le goût d’un bonbon pour eux, afin qu’il ne leur vienne plus à l’esprit de distribuer des pots-de-vin électoraux, a-t-il déclaré. Tel est notre programme politique, et en ce sens, notre révolution ne peut plus être une révolution de velours. »
Les détracteurs affirment que de telles déclarations ne font que prouver que les forces de l’ordre agissent sur les ordres illégaux de Pachinian. De nombreux membres et partisans de l’opposition ont été arrêtés pendant la campagne électorale législative.
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