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Nouvelles mises en garde de Moscou : selon Overchouk, « les décisions futures dépendront aussi des résultats des élections »

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©armenews.com

À mesure que le jour du scrutin approche, la Russie durcit davantage le ton. Le vice-Premier ministre russe Alexeï Overchouk a cette fois établi un lien direct avec les élections, avertissant que Moscou déterminera sa politique envers l’Arménie en fonction de leurs résultats.

« Si les forces pro-européennes l’emportent, cela signifiera que l’Arménie se dirige vers l’Union européenne. Dans ce cas, il faudra effectivement prendre des mesures appropriées. Pourquoi devrions-nous soutenir un tel pays ? Devons-nous financer ceux qui pourraient demain entrer en guerre contre nous ? », a déclaré Overchouk.

Le haut responsable russe a également rappelé aujourd’hui la lettre adressée à Erevan concernant une éventuelle hausse du prix du gaz. Il a averti que l’Arménie pourrait être contrainte d’acheter le même gaz russe, mais en supportant désormais des droits de douane plus élevés et des commissions d’intermédiaires.

« La situation en Arménie deviendrait alors très difficile. Nous ne le souhaitons pas », a ajouté le vice-Premier ministre russe.

Quelques heures avant ces déclarations, le président de l’Assemblée nationale arménienne, Alen Simonyan, s’était directement adressé aux responsables russes :

« Je voudrais leur donner un conseil amical : la méthode qu’ils ont choisie ne fonctionnera pas en République d’Arménie et produira l’effet inverse. Je les appelle à ne pas répéter les erreurs qu’ils ont déjà commises dans le passé. Il est évident que la République d’Arménie ne cherche pas l’escalade et n’en a aucune envie. Mais, dans le même temps, elle saura résoudre ses problèmes économiques si ces sanctions se poursuivent. »

Allant plus loin encore, le président du Parlement a affirmé que ces initiatives russes ne faisaient qu’aggraver le ressentiment de la population arménienne à l’égard de Moscou, sans pour autant affaiblir le gouvernement arménien.

« Après ce qui s’est passé au Haut-Karabagh, après les agissements des forces de maintien de la paix, après différents développements géopolitiques et l’insolence des chaînes de télévision russes, ils éloignent le peuple arménien d’eux. Ces mesures ne vont pas éloigner les Arméniens de leurs autorités, puisque le pouvoir en Arménie est choisi par le peuple. Elles vont éloigner les Arméniens de ceux qui les prennent. S’ils pensent qu’en limitant les exportations de fraises et d’autres produits ils vont nuire aux autorités arméniennes, ils se trompent. Ils ne feront que détériorer davantage les relations arméno-russes », a déclaré Alen Simonyan.

Alors que Moscou réclame quotidiennement l’organisation en Arménie d’un référendum sur une éventuelle adhésion à l’Union européenne ou sur une sortie de l’Union économique eurasiatique, le Premier ministre Nikol Pachinian a récemment affirmé qu’un tel projet n’était pas à l’ordre du jour.

« Tant que l’Arménie n’aura pas officiellement déposé une demande d’adhésion à l’Union européenne ou ne se trouvera pas très proche du statut de pays candidat, organiser un référendum n’aurait aucun sens », a déclaré le chef du gouvernement.

La question est toutefois devenue l’un des principaux thèmes de la campagne électorale. Partisan d’un approfondissement des relations avec la Russie, l’ancien président Robert Kotcharian met en garde depuis plusieurs jours contre un scénario qu’il juge catastrophique, accusant Erevan d’avoir provoqué les pressions exercées aujourd’hui par Moscou.

« D’où vient cette pression et qu’est-ce qui l’a précédée ? Lorsqu’un responsable arménien se rend à Bruxelles pour demander à l’Union européenne de le protéger contre une éventuelle guerre hybride, il ne faut pas s’étonner de la réaction russe. Les autorités arméniennes ont tout fait pour placer le pays au cœur de la confrontation entre l’Union européenne et la Russie », a déclaré le deuxième président.

Hier déjà, le dirigeant du parti Arménie prospère, Gagik Tsaroukian, avait lui aussi accusé Nikol Pachinian d’avoir détérioré les relations arméno-russes.

« Ils ont tellement parlé de paix qu’ils ont fini par provoquer une guerre économique avec la Russie. Les conséquences seront la faillite, l’appauvrissement et la disparition de l’agriculture et de la production. Si un producteur ne peut plus vendre ses marchandises, que doit-il faire ? Créer des alternatives prendra dix ans, c’est impossible à court terme », a estimé Tsaroukian.

Selon les sondages, la principale force d’opposition est actuellement Arménie forte, dirigée par l’homme d’affaires Samvel Karapetian, installé en Russie. Le mouvement rejette les accusations selon lesquelles Moscou chercherait à influencer les électeurs arméniens au moyen de sanctions économiques afin de favoriser Karapetian.

« Peut-être que tout cela est aussi la conséquence des actes de celui qui est devenu l’ennemi juré de la Russie, avec lequel ils ont déjà perdu des centaines de milliers de personnes, et qu’on décide pourtant d’inviter en Arménie pour qu’il y fasse des déclarations antirusses. Pourquoi avoir invité Zelensky en Arménie ? », a déclaré Narek Karapetian, tête de liste d’Arménie forte.

Au début de la campagne électorale, en recevant le Premier ministre Pachinian, le président russe Vladimir Poutine avait exprimé le souhait que les personnalités politiques favorables à la Russie puissent participer aux élections, une allusion largement interprétée comme visant Samvel Karapetian, alors placé en résidence surveillée.

Par ailleurs, la Russie a convoqué son ambassadeur pour consultations il y a plusieurs jours. Aucune information n’a encore été communiquée concernant son retour à Erevan.

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