L’exclusion des figures les plus représentatives de la communauté arménienne de France de la cérémonie d’inauguration de l’ambassade constitue une faute politique majeure. Comment Erevan peut-il espérer nouer un partenariat stratégique solide avec la France d’Emmanuel Macron en humiliant publiquement ceux-là mêmes qui, pendant des décennies, ont œuvré au rapprochement entre Paris et Erevan? Ara Toranian et Mourad Papazian ne sont pas de simples militants: ils incarnent des décennies de combat pour la reconnaissance du génocide arménien, pour la défense de l’Artsakh, pour la dignité du peuple arménien. Exclure Monseigneur Khatchatrian, c’est insulter l’Église apostolique arménienne, qui a mis gracieusement à disposition de l’État arménien le bâtiment de l’actuelle ambassade depuis 1995. Écarter Hovannès Gevorkian, c’est envoyer un signal désastreux aux 120 000 Arméniens déplacés de l’Artsakh: leurs représentants ne sont plus les bienvenus dans les lieux officiels de l’État arménien. Cette logique d’exclusion ne renforce pas l’État arménien; elle l’affaiblit. Elle sème la division là où l’unité serait vitale. Elle transforme l’ambassade, qui devrait être la maison commune de toute une nation, en un lieu partisan, au service d’une ligne politique contestée. Pire encore, elle alimente une équation mortifère: critiquer la politique de Nikol Pachinian reviendrait désormais à critiquer l’Arménie elle-même. C’est inacceptable et dangereux.
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