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La chanson du Premier ministre sur la scène d’une école : coïncidence ou propagande politique ? La réaction de la directrice

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©armenews.com

Le week-end dernier, des élèves de l’école d’Aygezard ont interprété sur scène une chanson écrite par le Premier ministre, également utilisée comme chanson de campagne du parti au pouvoir, à l’occasion de la Journée du citoyen proclamée par ce même Premier ministre. Il s’agissait d’élèves de 6e et 7e.

Une vidéo supprimée, la directrice nie toute propagande

Pourquoi la vidéo d’1 minute 14 secondes, publiée initialement sur la page Facebook de l’école, a-t-elle été supprimée ? La directrice, Nouné Babloyan, explique : « J’ai vu la vidéo tardivement, mais dès que je l’ai vue, j’ai tout de même recommandé de la retirer de la page Facebook. C’est tout simplement parce que nous ne savons pas comment cela pourrait être interprété par les gens. »

Par la suite, cet épisode a été vivement critiqué par des observateurs. La mission d’observation « Akanates » a souligné qu’il y avait eu violation de l’interdiction de mener des activités ou de la propagande politique dans les établissements scolaires, interdiction inscrite dans la loi sur l’enseignement général.

Cependant, la directrice réfute ces accusations : elle affirme n’appartenir à aucun parti et ne pas autoriser de propagande à l’école, rappelant qu’il existe également une directive ministérielle en ce sens. Selon elle, il s’agit d’un simple accident.

« Toute personne qui comprendrait que cela pourrait poser un problème ne ferait jamais une chose pareille. Ni moi, ni mes enseignants ne l’aurions fait si nous avions imaginé que cela pouvait poser problème », insiste-t-elle.

Quelques jours après la polémique, Babloyan assure qu’elle n’était pas informée du choix de la chanson par les élèves. Selon elle, même les organisateurs de l’événement ignoraient son caractère politique.

« Les enfants ont probablement aimé le rythme, la mélodie. Vous savez, les enfants sont très éloignés de la politique et ne comprennent pas ces choses-là. Si la musique est belle, c’est probablement pour cela qu’ils l’ont chantée. Et d’ailleurs, ils l’ont très bien interprétée », explique-t-elle.

La directrice précise que l’événement avait été organisé pour la Journée du citoyen : les élèves plus âgés avaient préparé un reportage sur le village, tandis que les plus jeunes avaient choisi une chanson à leur goût. Les deux vidéos ont été publiées sans imaginer que l’une d’elles pourrait être perçue comme politique.

« Nous avons insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une chanson patriotique, avec de belles paroles. Les enfants ont probablement apprécié la musique, et c’est pour cela qu’ils l’ont interprétée. Il n’y avait aucune intention politique », affirme-t-elle.

Les élèves et les réactions

Les élèves ayant chanté la chanson expliquent qu’ils ont aimé son rythme, son tempo et son thème consacré à l’Arménie, d’autant plus que la journée était dédiée au citoyen. Ils savaient que le batteur était le Premier ministre et ont décidé de la chanter.

La directrice estime également que la participation du Premier ministre a pu jouer un rôle : « Je ne peux pas l’affirmer, mais à première vue, c’est une musique agréable à écouter. Les enfants ne se concentrent pas forcément sur les paroles, mais sur la musique. C’est probablement la raison. »

Dans le centre d’Aygezard, des affiches de Nikol Pachinian étaient visibles, et les habitants, plutôt favorables à celui-ci, se sont dits surpris que l’école ait été critiquée.

D’autres accusations

La mission « Akanates » a toutefois qualifié de problématique la politisation du milieu scolaire et l’implication d’enfants dans des mises en scène à connotation politique.

Elle a également signalé une autre infraction : selon elle, dans une succursale de la chaîne « Tashir Pizza » à Erevan, trois employés auraient été contraints de démissionner pour avoir refusé de participer au rassemblement du 11 avril du parti « Arménie forte », dirigé par l’opposant Samvel Karapetyan.

Les observateurs ont saisi les autorités compétentes. De son côté, « Tashir Pizza » rejette ces accusations, les qualifiant de diffamation, et affirme qu’aucun employé n’a été licencié pour ses opinions politiques, tout en niant toute implication politique.

Auparavant, « Akanates » avait également signalé des cas de participation encadrée à un concert à Gyumri, auquel participait le groupe « Varchabänd » lié au Premier ministre. Selon eux, des instructions auraient été données depuis le bureau local du parti au pouvoir pour inciter des employés d’écoles et de jardins d’enfants à y assister, sans toutefois qu’une plainte officielle ne soit déposée.

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