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« Ruben Vardanyan et les autres prisonniers transférés dans une nouvelle prison » : ce que l’on sait d’Umbaki, un site isolé

L’ancien ministre d’État du Haut-Karabakh, Ruben Vardanyan, a été transféré du centre de détention provisoire du Service de sécurité nationale d’Azerbaïdjan vers la prison d’Umbaki, placée sous l’autorité du ministère de la Justice. Selon Siranush Sahakyan, représentante des prisonniers arméniens devant la Cour européenne des droits de l’homme, les autres détenus arméniens ont également été transférés dans ce même établissement.

« D’après les informations dont je dispose, les 19 Arméniens se trouvent dans le complexe d’Umbaki. Trois personnes y étaient déjà détenues depuis 2023, et seize autres — condamnées en février — y ont été transférées. Parmi elles, Ruben Vardanyan dans une affaire distincte, et quinze autres accusés, dont sept anciens dirigeants politico-militaires d’Artsakh et huit participants à l’autodéfense », a-t-elle déclaré au média « Azatutyun ».

Selon l’avocate, ce transfert s’explique par des procédures internes azerbaïdjanaises. Certains verdicts prononcés en février, dont celui visant Ruben Vardanyan, n’ont pas été contestés en raison de l’absence de garanties judiciaires et sont désormais considérés comme définitifs. Dans ce contexte, les autorités distinguent les lieux de détention des prévenus et ceux des condamnés.

« Les autorités considèrent désormais tous les prisonniers arméniens comme purgeant une peine sur la base de jugements définitifs. Ils ont donc été transférés du centre de détention relevant du Service de sécurité nationale vers un établissement dépendant du ministère de la Justice : la prison d’Umbaki », précise-t-elle.

En février, un tribunal militaire de Bakou a condamné seize prisonniers arméniens à des peines de prison à vie ou de longue durée, parmi lesquels des responsables politico-militaires d’Artsakh. Située à environ 70 kilomètres de Bakou, dans une zone isolée, la prison d’Umbaki reste entourée d’opacité. Selon Siranush Sahakyan, l’information du transfert a été obtenue par la famille de Ruben Vardanyan, qui n’en avait pas été informée au préalable. Les conditions de détention dans ce centre, inauguré en 2023, demeurent inconnues. Les autorités azerbaïdjanaises affirment toutefois que l’établissement répond aux normes internationales.

L’avocate met en garde contre ces déclarations : « Les conditions matérielles ne suffisent pas à garantir le respect des standards internationaux. Il faut aussi considérer l’alimentation, l’hygiène, le maintien des liens avec l’extérieur, ainsi que le traitement des détenus, afin d’éviter toute pression psychologique ou physique. Or, les rapports internationaux indiquent clairement que la torture et les mauvais traitements sont largement répandus dans les établissements pénitentiaires azerbaïdjanais, sans mécanismes efficaces pour les prévenir ou sanctionner les responsables. »

La prison d’Umbaki est également mentionnée dans un récent rapport d’Amnesty International, qui évoque le cas du prisonnier politique azerbaïdjanais Bahruz Samadov. Selon l’organisation, ce dernier n’est pas autorisé à se promener dans la cour de la prison et ne peut passer que deux heures par jour sur un balcon d’un mètre de large.

Par ailleurs, le Comité européen pour la prévention de la torture a effectué une visite brève dans les prisons azerbaïdjanaises, y compris à Umbaki, après de longues négociations. Si le rapport est prêt, Bakou refuse toutefois sa publication. Pour Siranush Sahakyan, ce refus est révélateur : « Cela laisse supposer que des violations graves, notamment liées à la torture, ont été constatées. Le fait que les autorités refusent de rendre public ce rapport en dit long sur la situation réelle dans ces établissements. »

Depuis la fermeture, en septembre dernier, du bureau du Comité international de la Croix-Rouge à Bakou, les communications avec les prisonniers sont devenues extrêmement limitées. Jusqu’à leur transfert, les Arméniens capturés après 2023 pouvaient bénéficier d’un appel téléphonique hebdomadaire. L’impact de ce changement de régime sur ce droit reste incertain et ne pourra être évalué qu’avec le temps.

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