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Vers où se dirigera l’Arménie : vers l’Occident ou vers la Russie ? La presse internationale analyse les élections

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©armenews.com

Vers où ira l’Arménie : vers l’Occident ou vers la Russie ? C’est la question qui traverse comme un fil rouge les analyses des médias internationaux consacrées aux élections législatives arméniennes. Selon eux, ce sont les électeurs arméniens qui, par leur vote, doivent trancher cette question.

La BBC souligne que l’Arménie subit une pression économique croissante de la part de la Russie. Moscou, principal partenaire commercial d’Erevan, a limité les importations de plusieurs produits arméniens alors que le Premier ministre Nikol Pachinian cherche à être réélu en promettant de poursuivre l’intégration européenne du pays.

Selon la BBC, sous le gouvernement Pachinian, l’Arménie s’est progressivement éloignée de Moscou. Le pays a adopté une loi lançant le processus d’adhésion à l’Union européenne et a accéléré le processus de paix avec l’ Azerbaïdjan grâce à un accord négocié sous médiation américaine, ce qui lui a valu le soutien du président des États-Unis.

La chaîne rappelle également que l’Arménie a accueilli en début d’année le sommet de la Communauté politique européenne. Malgré cela, le soutien populaire à Pachinian a diminué depuis 2021. La principale raison tient à la question du Haut-Karabakh, où vivaient plus de 100 000 Arméniens avant la prise de contrôle du territoire par l’Azerbaïdjan en 2023.

« Les critiques de Pachinian ne lui ont pas pardonné les concessions faites à l’Azerbaïdjan au nom de la paix, notamment son refus de réclamer la libération des anciens dirigeants du Haut-Karabakh emprisonnés en Azerbaïdjan », écrit la BBC.

Le média rappelle également que le principal adversaire de Pachinian est le milliardaire Samvel Karapetian, qui a fait fortune en Russie. Selon la BBC, si les candidats de l’opposition s’unissaient, ils pourraient rivaliser avec le Premier ministre, mais divisés, ils ne sont pas en mesure de le battre.

De son côté, l’Associated Press estime que ces élections détermineront l’avenir géopolitique de l’Arménie. L’agence rappelle que le président russe et plusieurs responsables de Moscou ont récemment averti Erevan qu’une adhésion à l’Union européenne pourrait provoquer de lourdes conséquences économiques pour ce membre de l’Union économique eurasiatique, en perturbant ses relations commerciales avec la Russie et ses autres partenaires.

L’analyste politique Mikayel Zolyan, ancien député du groupe parlementaire au pouvoir, a déclaré à l’agence qu’il s’agissait des premières élections de l’histoire de l’Arménie où l’orientation géopolitique constituait la question centrale.

« Jusqu’à présent, l’Arménie appartenait à la sphère d’influence russe et cela semblait naturel. Aujourd’hui, pour la première fois, cette réalité est remise en question », a-t-il expliqué.

Associated Press relie également la détérioration des relations entre Moscou et Erevan à la question du Haut-Karabakh. Selon l’agence, les tensions se sont aggravées après la prise du territoire par l’Azerbaïdjan en 2023. Erevan a alors accusé les forces russes de maintien de la paix de ne pas avoir empêché l’offensive. Moscou, mobilisée par la guerre en Ukraine, a rejeté ces accusations en affirmant que ses troupes n’avaient pas mandat pour intervenir.

Le directeur de l’Institut du Caucase, Alexandre Iskandarian, a déclaré à l’agence que c’est à ce moment-là que s’est effondrée l’idée selon laquelle la Russie était le garant de la sécurité de l’Arménie.

« Il est devenu évident que l’image de la Russie comme protectrice de la sécurité arménienne ne reposait pas sur la réalité. Après la guerre du Karabakh, cette perception s’est totalement effondrée », a-t-il affirmé.

L’agence rappelle qu’après ces événements, l’Arménie a progressivement réduit sa dépendance vis-à-vis de Moscou, rejoignant en 2023 la Cour pénale internationale puis suspendant en 2024 sa participation à l’Organisation du traité de sécurité collective.

Pour Euronews, ces élections détermineront non seulement l’avenir de l’Arménie, mais aussi celui de l’ensemble du Caucase du Sud. Le média souligne que Pachinian a mené une campagne particulièrement intense, affirmant que l’avenir du pays serait menacé si les électeurs ne reconduisaient pas le pouvoir actuel.

Son principal message a été que son gouvernement avait tourné la page de l’hostilité avec l’Azerbaïdjan afin de bâtir un avenir pacifique et prospère pour le Caucase du Sud. L’opposition, en revanche, continue de l’accuser d’avoir « abandonné » le Haut-Karabakh.

Enfin, le correspondant du service russe de la BBC, Grigor Atanesian, estime que malgré la défaite dans la guerre du Haut-Karabakh et les profondes secousses traversées par le pays durant les huit années de pouvoir de Pachinian, ses opposants n’ont jamais réussi à proposer une alternative crédible aux électeurs arméniens.

Selon lui, les centres financiers et idéologiques de l’opposition restent les anciens présidents arméniens, peu populaires auprès de la population et encore largement associés, dans l’opinion publique, à la corruption.

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