Un centre d’art contemporain est prévu dans le village frontalier de Shvanidzor, dans la province arménienne de Syunik, dans le cadre d’une initiative visant à décentraliser la vie culturelle et à préserver la région grâce à l’art et à la culture. Le projet vise également à créer des emplois pour les habitants de la région.Le projet a été soumis au gouvernement de la République d’Arménie en 2023 par la Fondation KulturDialog Armenien et a été approuvé.Dans un entretien accordé à Armenpress dans le cadre de sa série de podcasts, Sona Harutyunyan, historienne de l’art et présidente fondatrice de la fondation, a évoqué cette initiative ainsi que le festival d’art contemporain qui se déroule actuellement à Shvanidzor.Armenpress : Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ce projet ? Comment cette idée est-elle née ? Quelles sont les priorités qui sous-tendent ce projet ?Sona Harutyunyan : Merci de mettre l’accent sur ce projet, car il revêt une grande importance non seulement pour les créateurs et les professionnels du monde des arts, mais aussi pour la République d’Arménie.Au cours de notre travail, nous avons constaté que la vie artistique et culturelle était fortement concentrée dans la capitale. Nous avons souhaité contribuer, dans la mesure de nos moyens, à la décentralisation des arts.En raison des événements que tout le monde connaît, la province de Syunik s’est retrouvée en danger, notamment après 2023. C’est pourquoi nous avons souhaité mettre en œuvre notre initiative dans l’un des villages frontaliers de la province, afin de préserver et de renforcer cette région grâce à l’art et à la culture.Nous avons choisi le village de Shvanidzor. Très réputé pour ses nombreux monuments historiques et culturels, il est situé sur les rives de l’Araks. On a l’impression de pouvoir toucher les montagnes iraniennes d’un simple geste de la main.Nous avons entamé les travaux préparatoires en 2023. À la suite de rencontres avec le responsable de Shvanidzor et le maire de Meghri, sept sites situés à Shvanidzor nous ont été mis à disposition pour la mise en œuvre de ce projet. Ceux-ci serviront de points de départ pour transformer le village lui-même en un centre d’art contemporain.Armenpress : De quels sites parlez-vous ?Sona Harutyunyan : L’un de ces sites est la Maison de la culture de Shvanidzor, qui était un bâtiment unique en son genre à l’époque soviétique. La Maison de la culture partage un mur avec une église.À l’époque soviétique, une usine était en activité à Shvanidzor, où étaient fabriquées des pièces spécifiques pour les hélicoptères, sans lesquelles les hélicoptères soviétiques ne pouvaient pas fonctionner. Cette usine fera également partie de notre projet. Elle sera transformée en musée.Certains sites ne sont aujourd’hui que des ruines, mais deux ou trois murs ont été préservés. Chaque site aura sa propre fonction. Les habitants de la région seront impliqués sur chaque site, et ce programme permet également de créer des emplois à leur intention.Armenpress : Je voudrais également vous demander de nous parler du « Shvanidzor : Festival d’art contemporain », qui a déjà commencé.Sona Harutyunyan : Sept artistes d’Erevan se sont rendus à Shvanidzor dans le cadre du festival. Deux artistes sont venus d’Islande spécialement pour participer à ce festival.Ces artistes, tant arméniens qu’étrangers, animent des ateliers à Shvanidzor. Diverses tables rondes sont également organisées, dont les thèmes portent notamment sur la décentralisation de la culture et la création, dans la province de Syunik, d’un lieu où les artistes de toutes les régions puissent se réunir chaque année.Armenpress : Les habitants de Shvanidzor ont-ils accueilli ce festival avec enthousiasme ? La participation est-elle active ?Sona Harutyunyan : Lorsque nous nous sommes rendus pour la première fois à Meghri, puis à Shvanidzor, les gens étaient sceptiques, car beaucoup de personnes se rendent là-bas, font des promesses, puis repartent. Les habitants restent dans l’attente d’un projet, et lorsqu’ils ont vu que nous ne nous contentions pas de parler, mais que nous prenions également des mesures concrètes, leur enthousiasme a été immense.Je ne saurais décrire avec des mots cet enthousiasme et l’ampleur de l’engagement des gens.
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