Le parti au pouvoir, le Contrat civil, a mené des sondages et constaté qu’il existait une forte probabilité qu’il perde une nouvelle fois les élections locales à Goris. Il a donc décidé de former une alliance avec l’actuel maire, Arush Arushanyan, celui-là même qui avait battu la formation de Nikol Pachinian lors des précédentes élections alors qu’il se trouvait en prison. C’est ainsi que le Premier ministre explique la décision de s’allier avec cet ancien membre du Parti républicain d’Arménie.
« Nos études montrent, elles aussi, que nous pourrions encore nous retrouver dans la même situation : lors des élections nationales, les gens votent pour le Contrat civil, tandis qu’aux élections locales, ils votent à 180 degrés dans le sens inverse. Et ce fait crée en lui-même une tension. Nous avons donc décidé d’emprunter la voie de la solidarité. »
Selon Nikol Pachinian, les habitants de Goris choisissent le Contrat civil lors des élections nationales, mais le rejettent lors des scrutins locaux. Le parti au pouvoir aurait donc décidé de résoudre cette contradiction en s’alliant à celui qui apparaît comme un possible vainqueur.
Le Premier ministre attribue cette « solidarité » entre le pouvoir et son ancien opposant Arushanyan aux habitants de Goris, affirmant que ces derniers leur auraient envoyé un signal indirect.
« Et les auteurs de cette solidarité sont les habitants de Goris qui, oui, nous ont adressé, à nous comme aux dirigeants de la communauté de Goris, en quelque sorte un signal indirect… Certes, ils ne nous ont pas forcés, mais ce signal existe : combien de temps pouvons-nous continuer à voter d’une manière lors d’une élection, puis exactement à l’opposé lors d’une autre ? Ne nous entraînez pas constamment dans cette logique de confrontation. Et nous avons choisi cette voie », a déclaré Pachinian.
Après la guerre de 44 jours, Arush Arushanyan figurait pourtant parmi les critiques les plus virulents de Nikol Pachinian. Il l’accusait d’avoir livré des terres arméniennes à l’Azerbaïdjan et d’avoir compromis la sécurité du Siounik. Il avait même rassemblé des habitants aux portes de la région afin d’empêcher Pachinian d’y entrer.
Arushanyan avait également été candidat de l’alliance de l’ancien président Robert Kotcharian. Il avait ensuite été arrêté pour des accusations d’achat de voix.
Outre les accusations de fraude électorale et les attaques contre les représentants de « l’ancien régime », Pachinian qualifiait régulièrement ses opposants de « revanchards » et d’« incendiaires de la guerre hybride ».
Pachinian pourrait-il désormais également s’allier avec le maire de Gumri, Vardan Ghukassian, lui aussi visé par ce type de qualificatifs ? Le Premier ministre n’a pas répondu clairement à cette question, mais il a précisé que d’autres alliances de ce type verraient le jour.
« Dans plusieurs communes, oui, nous allons prendre ce genre de décision, et des alliances portant le nom de “Solidarité” seront constituées là où cela sera possible », a-t-il déclaré.
La veille, dans un entretien accordé à Azatutyun, Arush Arushanyan avait lui-même révélé le projet d’alliance avec le Contrat civil, le justifiant par la nécessité d’une coopération constructive. Il n’avait toutefois rien dit des explications avancées par Pachinian.
Après l’accord conclu à Goris entre le Contrat civil et le maire sortant, les forces d’opposition participeront-elles aux élections du 25 octobre ?
Mamikon Aslanyan, député du plus grand groupe d’opposition parlementaire, « Arménie forte », a déclaré qu’aucune décision n’avait encore été prise.
« Nous étudions nos ressources, nous rencontrons les forces actives locales et, naturellement, lorsque viendra le délai prévu par la loi pour la présentation des candidats, des alliances ou des équipes des partis, nous prendrons notre décision dans ces délais. Pour l’instant, un travail actif est mené sur le terrain, dans les régions », a indiqué Aslanyan.
Les communes dans lesquelles la formation présentera des candidats devraient être connues dans quelques jours. Selon les informations d’Azatutyun, cette équipe ne disposerait pour l’instant d’aucun candidat concurrent à Goris.
De son côté, Ishkhan Saghatelyan, député de l’alliance « Arménie » et membre de la Fédération révolutionnaire arménienne, a déclaré que les discussions seraient finalisées la semaine prochaine.
Selon lui, la participation de son camp ne dépend pas seulement de ses chances de victoire : il est également important que les électeurs disposent d’une alternative.
Les élections locales auront lieu principalement en octobre. Elles seront organisées dans 20 communes réparties dans les dix régions d’Arménie.
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