Au cours de l’année écoulée, les régions du Caucase et de l’Asie centrale ont connu un véritable essor touristique. Alors que les destinations européennes populaires sont confrontées aux défis du surtourisme, de nombreux voyageurs se tournent vers l’Est, vers ces contrées moins connues.
Statistiques touristiques
Selon les statistiques, la Géorgie a accueilli environ 7,8 millions de voyageurs internationaux en 2025 (soit une hausse de près de 6 %), tandis que l’Arménie a accueilli plus de 2,26 millions de touristes. De plus, la publication de référence Forbes et le magazine Wanderlust ont classé l’Arménie parmi les destinations incontournables de 2026. Quant à l’Asie centrale, selon le World Travel & Tourism Council, elle a affiché la croissance la plus rapide du secteur touristique au monde en 2025, la contribution du tourisme au PIB de la région ayant augmenté de 17,7 %.
Tatev Manucharyan, directrice d’Arara Tour — une agence spécialisée dans l’organisation d’itinéraires complets au Caucase et en Asie centrale —, note que ce changement est très perceptible sur le terrain, l’entreprise ayant enregistré une hausse de 40 % des réservations pour des circuits multi-pays sur la Route de la Soie au cours de l’année écoulée. « Des personnes qui, il y a quelques années, auraient choisi l’Italie, la France ou l’Espagne, nous contactent désormais pour s’informer sur le Caucase et les voyages dans les 5 Stan », explique-t-elle. « Ce qui a changé pour moi, ce n’est pas seulement le nombre de voyageurs intéressés par la région, mais aussi leur niveau de curiosité. Ils viennent souvent vers nous en connaissant déjà les destinations et en souhaitant comprendre comment les découvrir pleinement, plutôt que de simplement demander un itinéraire standard. »
Il ne s’agit pas uniquement de touristes issus des pays voisins. Le Caucase et l’Asie centrale attirent de plus en plus les visiteurs européens et anglophones, qui choisissent ces régions pour leurs vacances plutôt que des villes emblématiques.
Quelle est la raison de cet intérêt ?
Une entrée facile
Les ressortissants des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, d’Australie et de l’Union européenne peuvent entrer en Géorgie, en Arménie, au Kazakhstan, au Kirghizistan et en Ouzbékistan sans visa pour des séjours allant de 30 jours à 1 an (selon le pays). Le Tadjikistan dispose d’un système de visa électronique (e-visa) simple, qui peut être obtenu en ligne en quelques jours seulement.
L’absence de foule
Une autre raison est l’absence de foule sur les sites touristiques et des longues files d’attente pour acheter des billets que l’on observe dans des destinations populaires telles que Paris, Rome, Venise, Barcelone et d’autres.
Tatev estime que les voyageurs ne choisissent pas le Caucase simplement comme une alternative à l’Europe, mais parce qu’il offre une expérience différente. « En Europe, de nombreuses destinations sont déjà très familières. Les voyageurs savent à quoi s’attendre à Paris ou à Barcelone », explique-t-elle. « Dans le Caucase, il y a encore un élément de surprise. Même de petites choses, comme s’asseoir dans un restaurant familial, visiter un domaine viticole local, être invité chez quelqu’un ou discuter avec les habitants d’un village, peuvent devenir un moment mémorable du voyage. »
Un riche patrimoine culturel et historique
Depuis quelque temps, l’intérêt pour les circuits culturels et historiques ne cesse de croître, et le Caucase ainsi que l’Asie centrale constituent des destinations idéales pour ce type de voyage. Ces régions offrent une expérience authentique et unique grâce à un riche patrimoine historique et culturel, une cuisine exotique, des traditions ancestrales et une hospitalité sincère. L’histoire liée à la Grande Route de la Soie présente également un grand intérêt pour les passionnés d’histoire, en particulier pour les touristes de plus de 50 ans.
Expéditions combinées sur la Route de la Soie
L’émergence de circuits combinés sur la Route de la Soie, reliant les huit pays, a également eu un impact significatif sur la fréquentation de ces régions. Ces expéditions de grande envergure durent de 31 à 56 jours et permettent aux touristes de s’immerger profondément dans la culture, l’histoire et les traditions.
« Il y a clairement une demande croissante pour des voyages plus longs, en particulier chez les voyageurs qui ont déjà effectué les circuits européens classiques », ajoute Tatev. « Ces deux régions se complètent très bien, il est donc logique de les associer au sein d’un seul et même voyage plus long. Un voyageur peut commencer par l’Arménie ou la Géorgie, puis se diriger plus à l’est vers l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Kirghizistan. S’ils prennent l’avion pour venir jusqu’à cette partie du monde, ils nous demandent : “Que puis-je visiter d’autre tant que je suis ici ?” C’est là que nous constatons la plus forte croissance des itinéraires multi-pays. »
On observe également chez certains voyageurs cette envie de « découvrir un endroit avant tout le monde ». Ils recherchent des destinations encore peu connues à l’échelle internationale, et le Caucase ainsi que l’Asie centrale répondent parfaitement à ces critères.
Outre le tourisme religieux, historique et gastronomique, la région est un excellent choix pour le tourisme d’aventure : les amateurs de sensations fortes y trouveront de nombreux itinéraires de randonnée spectaculaires, des sentiers de trekking et des possibilités d’escalade.
