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Préoccupations sécuritaires après l’accord entre les télécoms arménien et azerbaïdjanais

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©armenews.com

C’est l’Azerbaïdjan qui utilisera les services et le transit arméniens, et non l’inverse. Aucun échange de données entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan n’est prévu. C’est ainsi que Telecom Armenia répond aux inquiétudes apparues après la signature d’un accord avec un opérateur azerbaïdjanais concernant le transit du trafic Internet. L’entreprise souligne que cet accord procure à l’Arménie un avantage stratégique.

La révélation, le 22 juin, de l’accord conclu entre les opérateurs arménien et azerbaïdjanais, prévoyant la possibilité d’utiliser réciproquement leurs infrastructures de communication, a immédiatement suscité des interrogations liées à la sécurité.

La principale inquiétude, exprimée notamment par le spécialiste de la sécurité de l’information Ruben Mouradian sur sa page personnelle, est que si du trafic arménien transitait par l’infrastructure d’AzerTelecom, celui-ci pourrait être analysé, ce qui soulèverait des problèmes de sécurité.

Toutefois, dans une réponse adressée au spécialiste de la sécurité de l’information Arthur Papian, Team Telecom a précisé que, dans le cadre de cet accord, ce sont les flux de données azerbaïdjanais qui passeront par les infrastructures arméniennes, et non l’inverse. L’entreprise a également indiqué que, même si l’Arménie dispose théoriquement de la possibilité d’utiliser les infrastructures azerbaïdjanaises, elle ne prévoit pas de le faire.

Dans un entretien accordé à Azatutyun, le directeur adjoint de Telecom Armenia, Aram Barseghian, explique que l’Arménie fournira une liaison de transit permettant de transmettre des données entre l’Azerbaïdjan et sa République autonome du Nakhitchevan. Selon lui, l’Azerbaïdjan n’obtiendra aucun accès aux informations arméniennes.

Ruben Mouradian, qui avait indiqué dans sa publication qu’il ne donnerait pas d’interviews aux médias, a néanmoins souligné que même si Telecom Armenia n’a actuellement pas l’intention d’utiliser le territoire azerbaïdjanais pour le transit de données, une telle possibilité ne peut être exclue à l’avenir. Selon lui, l’accord prévoit précisément une possibilité de transit réciproque et les explications de l’entreprise ne dissipent pas ses préoccupations.

Arthur Papian rappelle pour sa part que, quels que soient les accords, les contrats ou les pays concernés, la sécurité des données doit toujours être prise en considération.

Concernant certains appels apparus sur Internet à abandonner les services de Team Telecom au motif qu’elle a signé un accord avec une entreprise azerbaïdjanaise, Arthur Papian juge cette réaction peu logique. Il rappelle qu’aujourd’hui déjà, l’Internet arrive en Arménie à travers un câble appartenant à cent pour cent à une société azerbaïdjanaise.

En 2021, après de nombreuses tentatives, l’homme d’affaires Nasib Hasanov, considéré comme l’un des proches du président azerbaïdjanais Ilham Aliev, est parvenu à acquérir la société géorgienne Caucasus Online, dont dépend une partie essentielle de l’Internet régional. Ainsi, le câble sous-marin de 1 200 kilomètres traversant la mer Noire et reliant l’Europe au Caucase, assurant la connexion Internet de la Géorgie, de l’Arménie et d’autres pays voisins, appartient désormais à un propriétaire azerbaïdjanais.

Arthur Papian estime que l’Arménie pourrait à l’avenir utiliser elle aussi les infrastructures azerbaïdjanaises si les grands projets régionaux liés aux technologies de l’information venaient à se concrétiser.

« Par exemple, la Turquie dispose de très grands centres de données, de serveurs appartenant à des géants mondiaux, etc. Je suppose qu’il faudra également travailler à l’ouverture de certaines connexions en direction de la Turquie. Cela permettra aussi, par exemple, de rejoindre l’Asie centrale via la mer Caspienne en passant par l’Azerbaïdjan. Autrement dit, si nous poursuivons notre stratégie visant à faire de l’Arménie un pays des technologies de l’information, nous devons devenir un carrefour numérique », a déclaré Papian.

L’Arménie est déjà un maillon régional de transit, principalement selon un axe nord-sud. Près de 90 % du trafic Internet entrant dans le pays transitent ensuite par les infrastructures arméniennes vers plusieurs pays du Moyen-Orient, notamment l’Irak et l’Afghanistan.

À cet axe devrait désormais s’ajouter un corridor est-ouest reliant l’Azerbaïdjan au Nakhitchevan. Selon Team Telecom, les connexions seront établies à Kornidzor et à Yerask, une fois les autorisations obtenues auprès du Service national de sécurité (NSS).

L’entreprise refuse de révéler le montant de l’accord conclu avec la société azerbaïdjanaise, invoquant le secret commercial.

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