Comment ne pas se sentir embarqué en 1915 à Erzeroum aux côtés d’Araxie et sa petite sœur Haïganouch à la lecture du premier tome de la saga littéraire L’oiseau bleu d’Erzeroum de Patrick Manoukian, alias Ian Manook ? L’auteur à succès de Yeruldelgger a mis le temps à accoucher sur papier l’histoire romancée de sa grand-mère, mais le résultat est bouleversant : un roman magnifique d’humanité où souffle le vent furieux de l’Histoire et où se mêlent des destins aussi tragiques que résilients.
Entre deux phases d’écriture, ce drôle d’oiseau confiné nous reçoit virtuellement chez lui. En prenant la plume pour rendre hommage à son aïeule, il contribue également à défendre bec et ongles la survivance culturelle de toute une diaspora. Car, comme il nous le confie, « le fond de ce roman, c’est la diaspora arménienne » : « Je suis très heureux d’être un enfant de la diaspora car pour moi c’est un nomadisme culturel : nous, les Arméniens, on a cette capacité de traverser le monde avec cette culture sur notre dos. Quand on appartient à une diaspora, le monde est sans frontière. On peut aller loin, on garde dans notre tête qu’on a un port d’attache. »
Après s’être confié sur la genèse de l’ouvrage, l’auteur a accepté de nous lire un extrait poignant de ce premier tome de L’oiseau bleu d’Erzeroum (« Vous allez vivre, mes petits anges, survivre à tout ce malheur et moi je vivrai tant que vous vous souviendrez de moi. Ne soyez pas tristes, ce soir vous dormirez dans un lit, le ventre plein« )… Et de nous en dire plus sur le second tome déjà en préparation… Infatigable, Ian Manook !
Texte, vidéo et interview : Claire Barbuti
Plus d’infos :
https://www.albin-michel.fr/ouvrages/loiseau-bleu-derzeroum-tome-1-9782226398994


