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L’UEE dirigée par la Russie autorisée à suspendre l’Arménie

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©armenews.com

Les Premiers ministres de la Russie et de trois autres États membres de l’Union économique eurasienne (UEE) ont de fait recommandé la suspension de l’adhésion de l’Arménie à ce bloc dirigé par la Russie, invoquant les efforts déployés par Erevan pour rejoindre l’Union européenne.

Dans un rapport conjoint publié mardi 20 octobre, ils ont indiqué que ce gel pourrait rester en vigueur jusqu’à la tenue d’un référendum arménien sur l’adhésion à l’UE, exigé par Moscou.

Le président russe Vladimir Poutine avait pour la première fois exigé un tel scrutin à la suite de deux sommets européens tenus à Erevan début mai. Les présidents de la Biélorussie, du Kazakhstan et du Kirghizistan ont soutenu cette demande dans une déclaration commune avec Poutine adoptée lors d’un sommet de l’UEE fin mai, boycotté par Pachinian. Ils ont chargé leurs Premiers ministres de présenter un rapport sur les « conséquences possibles » de la suspension de l’adhésion de l’Arménie avant leur prochain sommet prévu en décembre.

Le rapport qui en a résulté, publié sur le site web du gouvernement russe, indique que la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan et le Kirghizistan « ont le droit d’envisager » cette suspension en raison d’une loi arménienne de 2025 qui proclame le lancement d’un « processus » d’adhésion de ce pays du Caucase du Sud à l’UE. Cette loi va à l’encontre du traité fondateur de l’UEE et d’autres règles, précise-t-il.

« Si la République d’Arménie s’acquitte consciencieusement de ses obligations au titre de l’UEE, elle ne sera pas en mesure de respecter les obligations liées à l’adhésion à l’UE », peut-on lire dans le rapport. « À l’inverse, le respect des obligations contractées en vue de l’adhésion à l’UE entraînerait une violation de ses engagements envers l’UEE. »

Ni le gouvernement de Nikol Pachinian, ni ses alliés politiques n’ont immédiatement réagi à ce rapport. Le Premier ministre a rejeté à plusieurs reprises les demandes russes concernant l’organisation d’un référendum, auxquelles a fait suite une interdiction russe des importations de produits agricoles arméniens. Les responsables russes ont menacé d’imposer de nouvelles sanctions à Erevan, notamment une forte hausse du prix du gaz naturel russe fourni à l’Arménie.

Poutine et Pachinian se sont publiquement affrontés sur la question du référendum lors de leurs entretiens du 1er septembre au Kirghizistan. Les deux dirigeants devraient se rencontrer à nouveau avant le sommet de l’UEE prévu en décembre à Saint-Pétersbourg.

Tout en excluant tout revirement de sa politique étrangère pro-occidentale, Pachinian semble avoir cherché à apaiser Moscou ces dernières semaines, conscient de la forte dépendance économique de son pays vis-à-vis de la Russie. Il a confirmé la semaine dernière qu’il ne demandait plus la fin de la gestion à long terme par la Russie du réseau ferroviaire arménien. Au début du mois, le Premier ministre arménien s’est déclaré prêt à accepter une proposition russe visant à construire une nouvelle centrale nucléaire en Arménie.

La Russie est le premier partenaire commercial de l’Arménie. Selon les données du gouvernement arménien, elle représentait 28 % du commerce extérieur arménien au cours des cinq premiers mois de cette année, contre 16,7 % pour l’UE. La Russie fournit également la majeure partie du gaz naturel consommé en Arménie à un prix nettement réduit.

Le rapport publié au nom des Premiers ministres russe, biélorusse, kazakh et kirghize met en garde contre le fait que la suspension de l’adhésion à l’UEE mettrait fin à cette remise et entraînerait une forte baisse des exportations arméniennes vers la Russie. Le PIB de l’Arménie s’en trouverait réduit de 15,6 %, indique-t-il.

 

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