L’Union européenne s’est engagée mardi 2 juinà aider l’Arménie à faire face à la pression économique croissante exercée par la Russie en réponse à la volonté du gouvernement arménien de rejoindre l’UE.
La commissaire européenne à l’élargissement, Marta Kos, s’est entretenue avec le ministre des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, à la suite des décisions de Moscou d’interdire pratiquement les importations clés en provenance d’Arménie, vitales pour l’économie de ce pays du Caucase du Sud.
Selon le ministère arménien des Affaires étrangères, ils ont notamment discuté de « mécanismes » visant à stimuler les échanges commerciaux entre l’UE et l’Arménie. Mme Kos a déclaré, pour sa part, qu’elle avait « réaffirmé la solidarité de l’UE avec l’Arménie face à la coercition économique croissante exercée par la Russie ».
« Nous étudions les moyens d’accroître le soutien de l’UE à l’Arménie à court terme, a-t-elle écrit sur X. Nous allons également accélérer nos efforts pour renforcer les liens commerciaux et énergétiques avec et au sein du Caucase du Sud, en soutenant les relations économiques de l’Arménie avec ses voisins immédiats. »
Les deux hauts responsables de l’UE, Antonio Costa et Ursula von der Leyen, n’ont pas promis d’aide économique supplémentaire à l’Arménie lors de leur rencontre avec le Premier ministre le 5 mai, au lendemain d’un sommet de la Communauté politique européenne à Erevan. Moscou a réagi avec virulence à ces réunions, accusant le gouvernement de Nikol Pachinian de se ranger du côté de l’UE contre l’allié traditionnel de l’Arménie.
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré le 9 mai qu’Erevan devait choisir « dès que possible » entre poursuivre sa candidature à l’adhésion à l’UE ou rester membre d’un bloc commercial ex-soviétique garantissant aux exportateurs arméniens un accès en franchise de droits au marché russe. Les autorités russes ont commencé à interdire l’importation de produits agricoles, d’eau minérale et d’alcool arméniens environ deux semaines plus tard.
La Russie représentait 35,8 % du commerce extérieur de l’Arménie l’année dernière, contre 11,7 % pour l’UE. L’embargo russe pourrait frapper particulièrement durement de nombreux agriculteurs, entreprises agroalimentaires et producteurs d’alcool arméniens.
N. Pachinian a cherché à les rassurer mardi alors qu’il faisait campagne pour les élections législatives du 7 juin. Il a notamment déclaré que son gouvernement avait déjà trouvé de nouveaux marchés d’exportation pour eux en Europe. Il n’a pas donné plus de détails.
L’ancien président Robert Kotcharian, qui dirige l’un des trois principaux groupes d’opposition en lice pour les élections, a balayé d’un revers de main ces assurances.
« Les agriculteurs européens ne laissent personne entrer sur leur marché, a-t-il déclaré. Ce que la Russie dit, c’est qu’elle n’est pas prête à financer le chemin de l’Arménie vers l’Union européenne. »
Certains entrepreneurs arméniens, dont les camions transportant des produits agricoles ont été refoulés à la frontière russe ces derniers jours, se sont également montrés sceptiques. Comme l’a déclaré l’un d’entre eux au service arménien de RFE/RL : « L’Espagne nous laissera-t-elle vendre des tomates en Europe ? La Bulgarie nous laissera-t-elle y vendre des poivrons verts ? Ou la France nous laissera-t-elle y vendre du cognac ? »
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