Dans une tribune publiée ce jour dans Valeurs Actuelles, Louis Sarkozy, ami déclaré de l’Arménie et observateur attentif de sa trajectoire politique, tire un signal d’alarme sur ce qu’il dénonce comme les dérives du pouvoir arménien actuel et les menaces qui pèseraient sur la démocratie dans le pays.
Partant d’un rappel historique — l’Arménie comme « première nation chrétienne », peuple martyr mais résilient — l’auteur souligne que la légitimité morale et politique du pays repose précisément sur son attachement à la liberté, au pluralisme et aux contre-pouvoirs. Or, selon lui, cet héritage est aujourd’hui mis en péril par une concentration inquiétante du pouvoir.
Louis Sarkozy insiste sur l’attaque frontale contre l’Église apostolique arménienne, qu’il présente non comme un acteur partisan, mais comme une institution fondatrice ayant assuré la continuité spirituelle et nationale du peuple arménien à travers les siècles. Assimiler le clergé à une opposition politique, arrêter des évêques ou intimider des prêtres, serait franchir une « ligne rouge » et révéler la fragilité d’un pouvoir inquiet.
Enfin, l’auteur s’adresse directement à la diaspora, et en particulier à la communauté arménienne de France, qu’il décrit comme lucide : sa colère n’est ni idéologique ni nostalgique, mais celle d’un peuple qui a trop souffert pour accepter qu’un autoritarisme s’installe au nom d’un ordre prétendument nécessaire.
Louis Sarkozy conclut en rappelant que soutenir l’Arménie ne signifie pas seulement défendre sa sécurité face à l’Azerbaïdjan, mais aussi exiger qu’elle reste fidèle à ce qu’elle prétend être : une démocratie digne, respectueuse de ses opposants, de ses traditions et de ses libertés fondamentales. Pour lui, il n’y a pas de souveraineté durable sans légitimité intérieure, ni de légitimité sans liberté.
P.N.
