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L’opposition est prête à une lutte de rue, assure Samvel Karapetian

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©armenews.com

« Je ne suis pas prêt à me contenter du statut de leader de l’opposition. Nous allons prendre le pouvoir », a déclaré aujourd’hui le dirigeant de « Arménie forte », Samvel Karapetian.

Affirmant que l’opposition est prête à mener une lutte dans la rue, Karapetian n’a de fait pas exclu des événements postélectoraux lors d’un entretien avec des journalistes.

Il considère les perquisitions menées dans les milieux de l’opposition comme « le résultat des secousses internes du pouvoir ». Selon lui, la campagne électorale montre que les autorités ont perdu le soutien populaire et qu’elles « misent désormais sur la pression ».

« Celui qui était le héros du peuple n’arrive plus à marcher dans la rue sans s’en prendre aux gens. Cela montre qu’il comprend déjà qu’il n’existe plus comme dirigeant dans la réalité arménienne, quels que soient les moyens de pression ou d’intimidation qu’il utilise. La peur, c’est comme un ressort : on peut le comprimer encore et encore, mais un jour il finit par exploser », a affirmé le chef d’« Arménie forte ».

Assigné à résidence et recevant les journalistes dans sa demeure, Karapetian a également répété que, sous ce pouvoir, l’Arménie allait « se remplir d’Azerbaïdjanais ». Selon son mouvement, le retour de 300 000 Azerbaïdjanais désireux de venir vivre en Arménie deviendrait une réalité sous le gouvernement de « Contrat civique ». Une affirmation que le Premier ministre Nikol Pachinian a de nouveau démentie aujourd’hui.

Interrogé par un journaliste sur les garanties qu’il pouvait donner quant à l’absence d’installation d’Azerbaïdjanais en Arménie sous son mandat, Nikol Pachinian a répondu : « Oui, je garantis que cela n’arrivera pas sous notre pouvoir. »

« Avec quelles garanties ? Il garantissait aussi la sécurité de l’Artsakh, et on a vu ce qu’il est advenu de l’Artsakh », a rétorqué Samvel Karapetian.

Il a déclaré que, s’il arrivait au pouvoir, son mouvement adopterait dès sa première loi un texte empêchant les Azerbaïdjanais de posséder des biens immobiliers ou des terres en Arménie. Le projet porterait le nom de « loi anti-Safarov ». Il convient toutefois de rappeler qu’en vertu de la législation actuelle, les citoyens étrangers ne peuvent déjà pas acheter de terres en Arménie.

Karapetian a indiqué que son mouvement respecterait tout accord ne portant pas atteinte aux intérêts de l’Arménie, même s’il était signé par Pachinian. En revanche, tout document jugé nuisible serait renégocié.

Le milliardaire s’est également dit favorable à des consultations avec les anciens présidents sur les questions de sécurité nationale, mais pas sur les questions économiques. Quant à Pachinian, il assure qu’il lui demandera « ce qui s’est réellement passé ».

Il a promis de compliquer davantage la situation internationale d’Ilham Aliev : « Ma réponse à l’Azerbaïdjan, c’est le départ de Pachinian. S’il est remplacé, les appétits d’Aliev diminueront immédiatement. »

Karapetian promet aussi une armée moderne et un service militaire réduit à un an. Des membres de « Contrat civique » affirment cependant que son mouvement envisagerait en réalité de rétablir un service de deux ans au lieu des dix-huit mois actuels.

« Personne ne m’a envoyé », a insisté Samvel Karapetian, qui a fait fortune en Russie et rejette les accusations du pouvoir selon lesquelles il serait un homme de Moscou. Le site russe The Insider avait affirmé que le chef d’« Arménie forte » travaillait pour les services spéciaux russes. Le pouvoir diffuse activement cette accusation, que Karapetian dément fermement.

Ses proches affirment préparer des plaintes en justice contre ceux qui le qualifient « d’agent » ainsi que contre ceux qui diffusent des informations selon lesquelles son neveu Narek Karapetian posséderait la nationalité russe.

Karapetian dit désormais soupçonner à son tour que Pachinian soit un agent de la Russie, ou encore de l’Azerbaïdjan ou de la Turquie.

« C’est Pachinian lui-même qui m’a poussé à penser cela lorsqu’il s’en est pris à notre Église. Jamais il n’y a eu de discussions avec moi en Russie. S’il y en avait eu, Pachinian n’aurait probablement pas pris le risque de me garder sept mois dans les sous-sols du Service de sécurité nationale, dans les conditions les plus dures », a déclaré le dirigeant d’« Arménie forte ».

Samvel Karapetian affirme également qu’avant son arrestation, des responsables de haut niveau lui auraient proposé un arrangement : faire une déclaration cessant de défendre l’Église en échange de la restitution des réseaux électriques et de ses autres actifs. Il assure avoir refusé cette offre.

Selon lui, après son arrestation, une autre proposition lui aurait été transmise par des « amis moscovites » : renoncer à entrer en politique en échange de sa libération. Il n’a toutefois donné aucun nom.

Il a également adressé un message aux membres de l’équipe de Nikol Pachinian, affirmant qu’il n’y aurait pas de vengeance : ceux « qui ont les mains propres et sont compétents » pourraient même être promus sous son pouvoir.

Karapetian dit ne pas croire à un scénario dans lequel les autorités annuleraient l’enregistrement électoral de son mouvement, estimant qu’une telle décision remettrait en cause leur propre légitimité.

Plus d’une dizaine de procédures ont toutefois été ouvertes contre « Arménie forte » pour des accusations de corruption électorale et d’autres infractions liées aux élections.

« Je suis même convaincu qu’ils parviennent à infiltrer leurs propres hommes parmi nos militants, puis qu’ils enregistrent ces personnes avant de les faire arrêter », a encore affirmé le dirigeant d’« Arménie forte ».

Enfin, Karapetian a assuré ne pas être offensé par le surnom de « Kalougatsi » utilisé par le pouvoir à son encontre : « On m’appelle aussi Samo de Tashir ou Samo de Kalouga. C’est une marque de respect, pas quelque chose de négatif. »

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