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Les préoccupations de l’Iran concernant l’accord sur le corridor américano-arménien n’ont toujours pas été prises en compte

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©armenews.com

Le gouvernement arménien n’a toujours pas répondu aux préoccupations de l’Iran concernant son projet d’ouverture d’un corridor de transit géré par les États-Unis le long de la frontière de l’Arménie avec la République islamique, a indiqué mercredi 8 juillet un haut diplomate iranien, cinq jours après la visite de Nikol Pachinian à Téhéran.

Le projet de « Trump Route for International Peace and Prosperity » (TRIPP) relierait l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan en passant par la région stratégique du Siounik, en Arménie. Le gouvernement américain devrait détenir une participation de 74 % dans une coentreprise chargée de construire et de gérer une ligne ferroviaire, une route, des lignes d’approvisionnement en énergie et d’autres infrastructures dans cette région. L’Iran craint que cet accord de transit ne mette en danger sa frontière avec l’Arménie et n’entraîne une présence sécuritaire américaine dans la région.

L’ambassadeur iranien à Erevan, Khalil Shirgholami, a qualifié ces préoccupations de « très légitimes et logiques », évoquant la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël contre son pays et accusant Washington de violer l’accord de cessez-le-feu conclu le mois dernier.

« Ces préoccupations doivent être clairement prises en compte, a déclaré M. Shirgholami lors d’une conférence de presse. Le gouvernement arménien nous a assuré qu’aucune menace ni aucun défi pour l’Iran ne résulterait de la mise en œuvre de ce projet ni de la présence américaine. »

« Je pense que nous devons mettre au point un mécanisme permettant à l’Arménie de réaliser pleinement son potentiel de déblocage, mais qu’en même temps, les risques potentiels liés à la présence américaine et les menaces pesant sur l’Iran doivent être gérés et traités de manière claire », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre arménien a rencontré le président iranien Massoud Pezeshkian vendredi dernier, lors de sa visite à Téhéran pour assister aux funérailles du défunt Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors de frappes aériennes américano-israéliennes en février. Faisant clairement allusion aux États-Unis, M. Pezeshkian a déclaré à N. Pachinian qu’il ne fallait pas permettre aux puissances « extrarégionales » d’interférer dans les relations arméno-iraniennes. Ce dernier lui aurait assuré qu’Erevan « ne participerait à aucun plan, projet ou action allant à l’encontre des intérêts et de la sécurité de l’Iran ».

Le président américain Donald Trump avait mis en avant l’engagement de Pachinian envers le TRIPP lorsqu’il avait apporté son soutien au Premier ministre arménien avant les élections législatives du 7 juin. À la suite de la victoire de son parti lors de ce scrutin contesté, il a déclaré que la mise en œuvre de ce projet serait l’une de ses principales priorités politiques. Les dirigeants azerbaïdjanais et turcs ont déclaré que le TRIPP correspondait au type de « corridor extraterritorial » qu’ils recherchaient depuis la guerre de 2020 dans le Haut-Karabakh.

Selon les propos de Shirgholami, lors de la rencontre avec Pachinian, Pezeshkian a également souligné l’importance de signer « dès que possible » un accord de partenariat stratégique entre l’Arménie et l’Iran.

« Nous travaillons actuellement sur le texte du document », a déclaré l’émissaire. « Il en est pour l’instant au stade de la rédaction, et nous espérons achever cette étape et entamer les démarches en vue de sa signature dès que possible. »

Les responsables arméniens n’ont fait aucune déclaration publique récemment au sujet de cet accord prévu.

 

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