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Les négociations pour rassembler les forces d’opposition ont commencé, affirme Samvel Karapetyan

Les discussions en vue d’unir les forces d’opposition autour d’un agenda commun de lutte contre le gouvernement de Nikol Pachinian ont commencé, assure Samvel Karapetyan, chef de l’alliance « Arménie forte », à l’origine de cette initiative.

Interrogé sur les formations avec lesquelles ces discussions sont en cours, Karapetyan, actuellement assigné à résidence, n’a cité aucun nom. Il a seulement précisé qu’il n’avait toujours pas rencontré l’ancien président Robert Kotcharian, chef de la deuxième force d’opposition au Parlement, depuis les élections du 7 juin. « Je n’ai pas parlé avec Robert Kotcharian. Plusieurs dirigeants de premier plan sont actuellement en détention. Nous rencontrons donc ceux qui ne sont pas emprisonnés », a-t-il déclaré.

L’homme d’affaires avait annoncé son projet de rassembler l’opposition quelques jours après les élections législatives. Il avait même proposé un débat télévisé en direct réunissant toutes les forces autour d’une même table. Aujourd’hui, il refuse toutefois de révéler l’identité des participants aux discussions. « Pour être honnête, certains partis et certains de leurs dirigeants ne le souhaitent pas. Pour ma part, je suis prêt à me réunir n’importe quel jour », a déclaré le chef de l’alliance « Arménie forte ».

Selon les informations de Radio Azatutyun, les discussions concernent les forces dirigées par l’ancien président Robert Kotcharian, le premier président Levon Ter-Petrossian et l’homme d’affaires Gagik Tsarukyan. « Nous discutons avec plusieurs acteurs politiques de la possibilité d’une action commune contre le pouvoir », a déclaré à Azatutyun le député de l’alliance Arménie, Ishkhan Saghatelyan, qui a refusé de nommer les autres participants. Il a précisé avoir déjà rencontré Karapetyan.

« Nous coopérerons avec tous ceux que nous jugerons sincères dans leur volonté de mettre fin au pouvoir actuel. Mais il existe aussi de nombreuses forces qui se présentent comme opposantes alors qu’elles sont en réalité des forces par procuration », a souligné Samvel Karapetyan.

Karapetyan, qui s’est imposé sur la scène politique au cours de l’année écoulée après son arrestation et son inculpation, promettait durant la campagne électorale de devenir le prochain Premier ministre. Jusqu’à l’annonce des résultats, ses proches l’appelaient d’ailleurs déjà ainsi.

Refusant de se résigner à son statut de simple chef de l’opposition, l’homme d’affaires affirme vouloir un changement de pouvoir sans violences. Selon lui, la lutte sera menée « une fois pour toutes », en combinant l’action parlementaire et la mobilisation de la rue.

À la question de savoir ce qui garantit le succès d’une telle stratégie cette fois-ci, il répond : « J’ai dit que nous le ferions une fois pour toutes, lorsque le moment sera venu. Nous utilisons tous les moyens légaux permettant de renverser ce pouvoir. C’est un mécanisme que nous devons démanteler pour remporter une victoire définitive. »

Pendant la campagne, le Premier ministre Nikol Pachinian avait qualifié les forces dirigées par Karapetyan, Kotcharian et Tsarukyan de « parti à trois têtes ». Il avait publiquement menacé de les dépouiller de leurs biens et de les emprisonner. Après les élections, il les a accusés d’avoir acheté des voix.

Un mois après le scrutin, Gagik Tsarukyan a été placé en détention. Plusieurs entreprises lui appartenant ont été mises sous scellés et l’État administre déjà trois de ses sociétés.

De son côté, Robert Kotcharian est poursuivi dans l’affaire du 1er Mars. Après les élections, une nouvelle procédure a également été engagée contre lui pour abus de pouvoir durant sa présidence.

Enfin, une procédure pénale avait déjà été ouverte il y a un an contre Samvel Karapetyan, milliardaire figurant au classement Forbes et chef de la principale force d’opposition. Quelques heures après avoir pris la défense de l’Église apostolique arménienne face à la campagne menée par Nikol Pachinian, il avait été privé de liberté pour appel public à la prise du pouvoir, avant qu’une accusation de blanchiment d’argent ne soit ajoutée à son dossier.

 

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