Il y a trois mois, Narek Karapetyan, chef du groupe parlementaire « Arménie forte », principale force d’opposition à l’Assemblée nationale, promettait aux électeurs que la lutte contre le pouvoir ne s’arrêterait pas au 7 juin et qu’elle se poursuivrait à l’automne dans les communes.
Le 27 septembre, des élections municipales auront lieu dans la commune de Tumanyan, dans la région du Lori, qui regroupe dix villages. Mais seul le parti au pouvoir, le Contrat civil, y participe. Les forces d’opposition sont absentes.
« Le parti “Arménie forte” fera connaître sa position dans les délais prévus, en fonction du calendrier et des communes dans lesquelles des élections locales ont déjà été programmées et annoncées », a déclaré Mamikon Aslanyan, membre d’« Arménie forte ».
La principale force d’opposition entend en revanche participer aux élections municipales prévues en octobre. Des scrutins doivent être organisés dans 20 communes réparties dans les dix régions du pays, dont plusieurs grandes villes : Goris, Stepanavan, Hrazdan, Martuni, Yeghegnadzor, Dilijan et Ijevan, entre autres.
Selon le député Mamikon Aslanyan, les discussions ont déjà commencé au sein d’« Arménie forte », mais il ne précise pas encore dans quelles communes le parti envisage de présenter des candidats.
« Nous étudions nos ressources, nous rencontrons les militants locaux et, naturellement, lorsque viendra le délai prévu par la loi pour la présentation des candidats, des alliances ou des équipes des partis, nous serons prêts. Pour le moment, un travail actif est mené sur le terrain, dans les régions », a expliqué Aslanyan.
Une candidature commune de l’opposition ?
Les opposants envisagent-ils une participation commune, notamment dans les grandes communes fusionnées ?
Mamikon Aslanyan, qui avait remporté les élections à Vanadzor sous le gouvernement de Nikol Pachinian avant d’être arrêté pour des accusations de corruption, affirme qu’aucune décision n’a encore été prise concernant une participation unifiée de l’opposition.
« Lorsque nous évaluons nos ressources, nos militants ou l’activité de notre parti, nous prenons également en compte la présence d’autres forces dans la commune, ainsi que l’existence et l’activité d’autres équipes politiques disposant d’un potentiel plus ou moins important. Nous prendrons nos décisions en conséquence », a-t-il souligné.
La question de la participation aux élections municipales est également activement discutée au sein de l’alliance « Hayastan » (Arménie), dirigée par l’ancien président Robert Kotcharian.
Les partis de l’alliance participeront aux élections dans la majorité des communes et réfléchissent actuellement à la forme que prendra leur participation, a déclaré à Azatutyun le député de la Fédération révolutionnaire arménienne Ishkhan Saghatelyan.
« Les partis qui composent l’alliance participeront aux élections dans plusieurs grandes communes fusionnées », a-t-il indiqué.
Le député d’opposition a refusé de préciser lesquelles. Il a simplement indiqué que les candidats se présenteraient principalement non pas sous la bannière de l’alliance « Hayastan », mais sous celles des deux partis qui la composent : la Fédération révolutionnaire arménienne (Dashnaktsutyun) et le parti « Araj ».
« Araj » est le parti fondé par le député Sevak Khachatryan. Lors des élections dans la commune de Vagharshapat, la Fédération révolutionnaire arménienne avait recueilli plus de 9 000 voix.
« Je n’exclus pas que, dans certains endroits, nous participions également sous la forme d’une alliance, mais pour les élections d’octobre, nous participerons principalement en tant que partis. Pour le moment, je préfère ne pas donner de précisions tant que tout n’est pas définitivement arrêté. Nous participerons dans plus de la moitié des communes, probablement davantage », a déclaré Saghatelyan.
« Arménie prospère » n’a encore rien décidé
Du côté du parti « Arménie prospère », qui avait échoué à entrer au Parlement à quelques dizaines de voix près, la question n’est pour l’instant même pas à l’ordre du jour.
Le secrétaire du parti, Arman Abovyan, a indiqué qu’il ne pouvait encore rien annoncer concernant une éventuelle participation aux élections municipales, le sujet n’ayant pas encore été discuté.
Le dirigeant du parti, Gagik Tsarukyan, est actuellement en détention.
Les dirigeants des deux autres forces qui envisagent de participer aux élections sont eux aussi privés de liberté : Robert Kotcharian est en prison, tandis que Samvel Karapetyan est assigné à résidence.
La période de dépôt des candidatures pour les élections municipales doit bientôt commencer. Elle permettra de savoir quelles forces de l’opposition extraparlementaire entreront elles aussi dans la bataille électorale.
Pour l’heure, une chose est certaine : le parti au pouvoir entend participer activement à ces élections.
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